Par Mon’Esse
Les enseignants du secondaire, au Cameroun, regroupés dans une vingtaine de syndicats, viennent de déposer un mot d’ordre de grève illimitée, pour exiger la tenue effective du Forum national de l’éducation, promis depuis 2016 et indispensable à la refondation du système éducatif local.
Ils demandent également l’adoption et la signature d’un nouveau statut spécial pour l’ensemble des personnels du corps des métiers de l’éducation, reconnaissant la spécificité de leur mission, l’élaboration et la mise en œuvre d’une convention collective nationale pour le secteur de l’enseignement privé, afin de mettre un terme à un vide juridique qui perdure depuis l’indépendance.
Il est également question de la régularisation immédiate de la situation de tous les personnels en marge de la légalité dans les établissements publics, encore appelés «travailleurs des parents», de la nomination effective de tous les animateurs pédagogiques, sans oublier le paiement ponctuel des indemnités dues aux enseignants par l’Office du baccalauréat (Obc) et la redéfinition des conditions de leur participation aux examens officiels.
Face à la persistance du blocage sur ces points vitaux et en l’absence des arbitrages politiques attendus, le Collectif se dit dans l’obligation de notifier sa décision de mettre en œuvre la phase subséquente de son plan d’action formulée dans ses communiqués des 18 avril et 7 mai 2025, une nouvelle étape qui débutera dès la rentrée scolaire de septembre 2025, conséquence directe et inévitable de l’absence de solutions concrètes apportées aux revendications légitimes de ses membres.
Il estime que sa démarche s’inscrit en droite ligne de la loi d’orientation de l’éducation, qui érige le secteur en «grande priorité nationale», et de la Stratégie nationale de développement 2030, qui fait du capital humain le «facteur clé du développement économique et de l’industrialisation».
Sur la plupart des questions de fond, son avis est que les processus techniques ont été menés à leur terme, pour ensuite se heurter à une absence de décision politique au plus haut niveau de l’État.
