Par Sandra Embollo
L’objet officiel de ce déplacement était la signature d’une convention portant sur la mise en Place de centres de négoce dans quatre communes de la région : Bourha, Fotokol, Kolofata et Mora.
Mais l’événement a pris des allures de meeting politiques avec une forte mobilisation populaire dans la ville, des partisans du président sortant Paul Biya, même si au tour du quartier Miskine, la mobilisation s’est retournée contre les soutiens du régime, après la non venue dans le lieu du Ministre des Finances qui y était attendu, du fait des contraintes d’agenda, selon des sources proches de ce dernier.
Il y a quelques semaines, l’ancien Ministre Issa Tchiroma Bakary, leader du Front pour le Salut National du Cameroun, candidat à la présidentielle avait attiré la foule à son arrivée à Garoua, Chef-lieu de la région du Nord. Il venait alors de Yaoundé, où il avait assisté aux audiences du contentieux préélectoral des candidatures devant le Conseil Constitutionnel.
Récemment, le Président de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (Undp), l’ancien Premier Ministre Bello Bouba Maigari, candidat lui aussi à la présidentielle a tenu un grand meeting dans la ville de Ngaoundéré, capitale de la région de l’Adamaoua. Patricia Tomaino Ndam Njoya, leader de l’Union Démocratique du Cameroun (Udc) dont elle porte les couleurs à la présidentielle vient de multiplier des rencontres dans les régions de l’Extrême-Nord du Nord et de l’Adamaoua.
Il convient de relever que les trois régions septentrionales du pays concentrent environ 33% des quelques huit (08) millions d’électeurs sur le plan national selon les données de l’organe électoral, en attendant les ultimes toilettages avant l’arrêt de la liste électorale définitive, dans la perspective de l’élection présidentielle à venir.
Il s’agit donc d’un électorat considérable dans un scrutin à seul tour que doit tenter de séduire tout vrai prétendant à la victoire finale le 12 octobre 2025. Le Président sortant Paul Biya, y avait engrangé près de la moitié de l’ensemble total de ses suffrages à l’échelle nationale lors du précédent scrutin en 2018, à en croire les chiffres officiels.
Mais cette fois, les candidatures de deux anciens membres du Gouvernement, Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary en l’occurrence, originaires du septentrion, qui y disposent par ailleurs de solides bases électorales, devraient conduire à une redistribution des cartes, surtout si on prend en compte l’influence de la dimension communautaire dans les comportements des électeurs au Cameroun.
Si mathématiquement les électeurs du septentrion ne peuvent à eux seuls aujourd’hui décider du choix du futur Président de la République, il n’en demeure pas moins vrai, qu’ils ont plus qu’un mot à dire dans la détermination du Chef de l’Etat dans un contexte où l’ensemble des électeurs Camerounais auront à choisir entre 12 candidats.
