Par Ilyass Chirac Poumie
Le climat politique dans le septentrion camerounais connaît une nouvelle tournure à l’approche de la présidentielle. Dans une lettre adressée à Issa Tchiroma Bakary, président du Fsnc, un collectif de sages du Grand Nord lui demande solennellement de retirer sa candidature pour soutenir celle de Bello Bouba Maïgari, président de l’Undp.
Les signataires estiment que l’ancien Premier ministre dispose d’une expérience, d’un ancrage national et d’une popularité qui font de lui un candidat plus à même de porter l’alternance. Ils rappellent que, dans le passé, c’est déjà Bello Bouba qui avait été choisi pour diriger l’Undp, symbole de son rôle de leader consensuel dans la région.
La lettre critique par ailleurs l’influence d’Anicet Ekane et de Djeukam Tchameni dans la désignation d’Issa Tchiroma comme candidat consensuel, accusés de manipulation et de radicalisme. Pour les sages, le refus d’un ralliement risquerait de fragmenter les voix de l’opposition et d’ouvrir la voie à une nouvelle victoire de Paul Biya, avec pour conséquences une alternance manquée et d’éventuelles poursuites judiciaires contre Issa Tchiroma.
Les sages concluent leur appel en invoquant deux proverbes africains :
« À force de vouloir être trop gourmand, on finit par tout perdre et regretter » et « Ce qu’un vieillard voit assis, le jeune ne le voit pas debout », invitant ainsi Issa Tchiroma à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation.
Place stratégique
Le Grand Nord occupe une place stratégique dans l’échiquier politique camerounais. Historiquement, cette région a souvent pesé dans les équilibres électoraux, notamment grâce à des figures telles que Bello Bouba Maïgari, ancien Premier ministre et chef de file de l’Undp À l’approche de la présidentielle du 12 octobre 2025, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une candidature unique issue du septentrion, afin d’éviter la dispersion des suffrages de l’opposition et maximiser les chances d’alternance. Cet appel des sages, adressé à Issa Tchiroma, illustre l’enjeu crucial de l’unité dans un contexte électoral marqué par la méfiance, les calculs politiques et la forte volonté de changement exprimée par une majorité de Camerounais.
