Par Joël Onana
Depuis l’annonce des premiers résultats non officiels créditant Issa Tchiroma Bakary d’une victoire nette face au président sortant Paul Biya, la ville de Garoua est sous haute tension. Des témoins font état de plusieurs bus de gendarmes arrivés en renfort, tandis que les populations, galvanisées par les discours enflammés de partisans du changement, se préparent à une éventuelle confrontation.
Des messages viraux circulant sur les réseaux sociaux appellent à la vigilance et à la résistance. Certains observateurs évoquent un scénario rappelant celui de 1992, lorsque John Fru Ndi avait été assigné à résidence après avoir contesté les résultats de la présidentielle.
Les autorités locales restent pour l’instant silencieuses, mais plusieurs observateurs craignent une escalade dans les heures à venir, alors que les forces de sécurité quadrillent déjà les points stratégiques de la ville.
Garoua, capitale régionale du Nord, est le bastion politique d’Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre de la Communication et figure du septentrion. Le scrutin présidentiel de 2025 a vu une forte mobilisation dans la région, où le vote semble avoir massivement penché en faveur de Tchiroma.
La situation rappelle celle de 1992, quand le pays avait frôlé l’embrasement après la contestation des résultats par l’opposition. Dans ce climat explosif, les appels à la retenue et au dialogue se multiplient, alors que le pays retient son souffle en attendant la proclamation officielle des résultats.
