Par Zobel A Mbon
Cette nomination intervient dans un contexte stratégique pour l’entreprise, considérée comme l’un des piliers de l’économie agro-industrielle camerounaise. La mission confiée au nouveau président du Conseil d’administration est ambitieuse : redorer l’image de la Socapalm et impulser une nouvelle dynamique de croissance.
Parmi les principaux défis figurent la relance des activités, le renforcement de la position de l’entreprise sur le marché local de l’huile de palme, l’amélioration de la gestion des relations avec les parties prenantes, ainsi que la mise en œuvre des projets de développement durable.
Fort de son expérience dans les secteurs du transport et de la logistique, notamment en tant que président des conseils d’administration de Camrail et de Douala International Terminal (DIT), Hamadou Sali apparaît comme un profil expérimenté pour conduire les réformes attendues au sein de la Socapalm.
L’un des défis majeurs auxquels il devra faire face demeure le relèvement du niveau de production. Selon l’économiste et actionnaire de la Socapalm, Jean-Marie Mbiada, la performance actuelle de l’entreprise reste en deçà du potentiel du marché.
« La production de la Socapalm est aujourd’hui inférieure à 300 000 tonnes par an, alors que les besoins du marché sont deux, voire cinq fois plus élevés »,
souligne-t-il.
Pour répondre à cette forte demande, l’économiste préconise une augmentation des capacités productives par l’extension des surfaces cultivées.
« L’extension des superficies apparaît comme l’une des solutions les plus efficaces pour combler le déficit entre l’offre et la demande »,
estime Jean-Marie Mbiada.
Cette analyse contraste toutefois avec la stratégie actuelle de la Socapalm. L’entreprise agro-industrielle, certifiée RSPO, ne prévoit pas d’extension de ses superficies. Elle applique une politique stricte de « zéro extension », privilégiant le replanting comme levier principal d’augmentation de la production.
Concrètement, cette démarche consiste à remplacer les palmiers âgés de plus de 40 ans par de nouveaux plants, sur les mêmes superficies déjà exploitées. L’objectif est donc d’améliorer significativement les rendements tout en respectant les normes environnementales et sociales.
À travers cette politique, la Socapalm réaffirme son engagement en faveur d’une production durable et responsable, excluant toute contribution à la déforestation ou à l’expansion des surfaces agricoles au détriment des écosystèmes naturels.
Créée en 1968, la Socapalm est aujourd’hui l’une des principales entreprises de production d’huile de palme en Afrique centrale.
Elle exploite plus de 58 000 hectares de plantations de palmiers à huile dont le record de production annuelle est actuellement d’environ 168000 tonnes et dont l’objectif serait d’afficher une production annuelle d’environ 200 000 tonnes d’huile de palme.
L’entreprise contribue également au développement socio-économique des communautés locales implantées autour de ses sites d’exploitation.
Avec Hamadou Sali à la tête de son Conseil d’administration, la Socapalm ambitionne de relever les défis structurels et conjoncturels auxquels elle est confrontée, et de consolider sa position en tant que référence régionale de l’industrie de l’huile de palme durable en Afrique.
