Par Ilyass Chirac Poumie
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré lundi qu’il souhaitait imposer un plafond de 10 % sur les taux d’intérêt des cartes de crédit pour une durée d’un an, estimant que les compagnies de cartes « ont vraiment abusé du public », a-t-il affirmé devant des journalistes à bord d’Air Force One, selon Reuters et Bloomberg.
Toujours selon Reuters, Donald Trump a assuré qu’il n’avait « aucune intention de laisser continuer ces pratiques », ajoutant que les entreprises qui refuseraient d’appliquer ce plafond « enfreindraient la loi », sans toutefois préciser le fondement juridique exact de cette mesure, qui nécessiterait une action du Congrès.
D’après Bloomberg, la proposition viserait une entrée en vigueur symbolique autour du 20 janvier 2026, date marquant l’anniversaire de sa seconde investiture. Elle intervient dans un contexte où le taux moyen des cartes de crédit aux États-Unis dépasse actuellement 22 %, selon les données de la Réserve fédérale relayées par Reuters.
L’annonce a provoqué une réaction immédiate sur les marchés financiers. Les actions de plusieurs établissements financiers et sociétés spécialisées dans le crédit à la consommation ont reculé, les investisseurs craignant une baisse de la rentabilité du secteur, rapporte Reuters.
Les associations bancaires ont vivement critiqué la proposition. Selon l’American Bankers Association, citée par Axios, un tel plafonnement risquerait de restreindre l’accès au crédit, en particulier pour les ménages à revenus modestes ou à faible historique bancaire, et de favoriser le développement de solutions de financement non régulées.
De son côté, le directeur financier de JPMorgan Chase a averti, dans des propos rapportés par Reuters, qu’un plafonnement aussi bas pourrait contraindre les banques à réduire les lignes de crédit, augmenter certains frais annexes ou supprimer des programmes de récompenses, avec un impact négatif potentiel sur l’économie américaine.
Sur le plan politique, plusieurs responsables républicains se sont montrés prudents.
Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a indiqué, selon Axios, que le projet ne bénéficiait pas à ce stade d’un soutien suffisant au Congrès pour être adopté rapidement.
La question du plafonnement des taux d’intérêt des cartes de crédit n’est pas nouvelle aux États-Unis. Des élus démocrates et républicains, dont Bernie Sanders et Josh Hawley, avaient déjà défendu par le passé une limitation à 10 %, rappellent Reuters et Investopedia. Le débat s’inscrit dans un contexte de forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages américains, confrontés à des niveaux d’endettement élevés et à un coût du crédit historiquement important.
