Par Adam Newman
Les principaux élus du Parti démocrate à la Chambre des représentants ont intensifié mardi leurs critiques contre Kristi Noem, affirmant qu’elle a gravement manqué à ses responsabilités à la tête du Département de la Sécurité intérieure et demandant au président Donald Trump de la démettre immédiatement. Dans une déclaration conjointe, le chef de la minorité Hakeem Jeffries, la whip Katherine Clark et le président du caucus Pete Aguilar ont averti que si Trump ne la licenciait pas,
« nous engagerons des procédures d’impeachment à la Chambre des représentants ».
Cette escalade politique survient dans un contexte de critiques généralisées après la mort d’Alex Pretti, un infirmier de soins intensifs de 37 ans et citoyen américain, tué par des agents fédéraux à Minneapolis samedi dernier lors d’une opération d’application des lois de l’immigration. Les vidéos et les récits recueillis contredisent les affirmations initiales de l’administration selon lesquelles Pretti aurait constitué une menace armée ; des images montrent notamment qu’il était désarmé.
Les démocrates accusent Noem d’avoir défendu et justifié des actions qu’ils qualifient de « violence fédérale meurtrière », de fausses déclarations et d’obstruction au Congrès. Une résolution d’impeachment introduite par la représentante Robin Kelly a déjà recueilli le soutien de plus de 160 démocrates de la Chambre, y compris des membres de zones modérées et de sièges difficiles, signe d’un large mécontentement au sein du parti.
Malgré ces pressions, le président Trump a publiquement soutenu Noem, déclarant qu’il estimait qu’elle faisait « un très bon travail » et refusant de la démettre. Trump a également ordonné une restructuration de l’opération en cours à Minneapolis en remplaçant un commandant local par le « border czar » Tom Homan, ce qui est interprété comme une réponse partielle aux critiques, sans satisfaire les démocrates.
L’affaire s’inscrit dans un débat national plus large sur la politique d’immigration et l’usage de la force par les agents fédéraux, avec des voix de tout le pays — y compris des représentants républicains — appelant à davantage d’enquêtes et de responsabilité à la suite de ces deux tirs mortels.
Aux États-Unis, engager des procédures d’impeachment contre un membre du cabinet exécutif est rare mais constitutionnellement prévu : ce processus vise à enquêter et éventuellement destituer un haut responsable pour « haut crime et délit ».
Les appels actuels à la destitution de Noem s’intègrent dans des critiques plus larges contre la politique d’immigration du gouvernement fédéral, marquée par des déploiements agressifs d’agents dans certaines zones urbaines. La Chambre contrôlée par les républicains rend toutefois improbable une mise en accusation aboutie sans soutien bipartisan significatif.
