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Cameroun | Présenté comme “génocidaire”: Le ministre Momo Jean de Dieu conteste la qualification de « génocide Bamiléké » au regard du droit international

Dans une analyse juridique détaillée, Momo Jean de Dieu rejette l’usage du terme « génocide » pour qualifier les violences survenues dans l’Ouest du Cameroun avant et après l’indépendance, évoquant une « manipulation militante ».

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Par Ilyass Chirac Poumie

Le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Momo Jean de Dieu, également avocat pénal international ayant exercé au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), s’est exprimé sur le débat entourant la reconnaissance d’un prétendu « génocide Bamiléké ».

S’appuyant sur les normes du droit pénal international et la jurisprudence des juridictions internationales, il affirme que les violences survenues dans les régions Bamiléké et Bassa ne répondent pas aux critères juridiques stricts du génocide. Selon lui, l’absence de « dolus specialis », c’est-à-dire l’intention spécifique de détruire un groupe en tant que tel, empêche toute requalification en génocide.

Citant notamment la jurisprudence du TPIR, en particulier l’arrêt Akayesu, ainsi que celle du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), le ministre rappelle que la seule ampleur des violences ne suffit pas à établir un génocide sans preuve d’un projet d’extermination ciblée et planifiée.

Il estime que les faits relèvent davantage de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, dans un contexte de conflit armé non international marqué par des affrontements entre forces gouvernementales et groupes insurgés, notamment sous la conduite d’Ernest Ouandié.
Dans ce cadre, Momo Jean de Dieu critique les initiatives mémorielles comme l’« International Museum of the Bamiléké Genocide », qu’il considère comme une instrumentalisation du droit international à des fins politiques et identitaires. Il met en garde contre les risques de « dilution » de la notion de génocide et d’atteinte à la mémoire de crimes reconnus comme ceux du Rwanda ou de la Shoah.

Le ministre évoque également des parallèles avec la crise actuelle dans les régions anglophones, soulignant la complexité des conflits internes et la nécessité de maintenir une rigueur juridique dans leur qualification.

Les violences dans l’Ouest du Cameroun, notamment dans les zones Bamiléké et Bassa, remontent à la période de lutte pour l’indépendance et aux premières années du régime postcolonial. Elles opposaient les autorités, appuyées par la France, à des mouvements nationalistes armés.
Depuis plusieurs années, une partie de la diaspora et certains acteurs militent pour la reconnaissance d’un « génocide Bamiléké », à travers publications, travaux mémoriels et initiatives comme des projets de musée à l’étranger.
Ce débat reste fortement clivant, opposant partisans d’une reconnaissance historique et défenseurs d’une approche juridique stricte fondée sur les critères définis par le droit international, notamment ceux consacrés par la Cour pénale internationale et les tribunaux ad hoc.

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