Par Ilyass Chirac Poumie
Dans une sortie virulente, Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), a vivement critiqué Maurice Kamto et la tech-entrepreneure Rebecca Enonchong.
Le responsable politique accuse le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de « désinformation » et d’« oubli volontaire » de l’histoire politique du Cameroun. Il soutient notamment que Maurice Kamto aurait été militant du Rdpc, après un passage au Social Democratic Front (SDF), évoquant un parcours marqué, selon lui, par un « nomadisme politique ».
Grégoire Owona défend en parallèle le projet d’instauration d’un poste de vice-président non élu. Il estime qu’un chef de l’État élu doit pouvoir désigner une personnalité de confiance pour assurer la continuité du pouvoir en cas d’empêchement, mettant en avant des critères de loyauté, de compétence et de confiance.
Pour appuyer son argumentaire, il rappelle l’accession au pouvoir de Paul Biya en 1982, à la suite de la démission d’Ahmadou Ahidjo, une transition opérée sans élection directe et largement acceptée à l’époque, selon lui.
S’adressant directement à Maurice Kamto, il l’invite à « se légitimer » davantage au sein de son propre parti avant de critiquer les institutions, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de « campagnes de désinformation ».
Le débat intervient dans un contexte de tensions politiques accrues autour de réformes institutionnelles au Cameroun, notamment la question de la succession présidentielle et des mécanismes de continuité de l’État. L’idée d’un vice-président nommé suscite de vives réactions dans l’opposition et la société civile, qui y voient un risque de concentration du pouvoir.
Maurice Kamto, principal challenger de Paul Biya lors de la présidentielle de 2018, conteste régulièrement la gouvernance actuelle, tandis que des figures publiques comme Rebecca Enonchong prennent de plus en plus position dans le débat politique national.
