Par Hajer Elina
Entre humour noir, croyances populaires et interprétations mystiques, certains évoquent « le coup de fouet du pape » ou encore « l’eau bénite versée sur les démons camerounais ».
La visite du pape Léon XIV au Cameroun en avril 2026 avait déjà marqué les esprits par la dureté inhabituelle de ses propos contre « les chaînes de la corruption » et « les tyrans » qui détruisent les sociétés africaines. Depuis Yaoundé et Bamenda, le souverain pontife avait dénoncé les injustices politiques, les conflits armés et les élites accusées d’avoir confisqué l’avenir des peuples africains.
Quelques semaines après ce voyage hautement symbolique, plusieurs décès de figures politiques, médiatiques et publiques camerounaises ont ravivé les interprétations les plus diverses. Sur Facebook, TikTok et WhatsApp, des internautes établissent un lien direct entre les paroles du pape et cette succession de disparitions, parlant d’un « nettoyage spirituel » ou d’un « jugement divin ».
Aucune donnée factuelle ne permet cependant d’établir le moindre lien entre ces décès et la visite pontificale. Les observateurs rappellent que le Cameroun traverse depuis plusieurs années une période de fortes tensions politiques, sociales et sanitaires, dans un contexte où plusieurs responsables âgés ou fragilisés occupent encore des fonctions importantes.
Mais dans un pays où les croyances spirituelles et mystiques occupent une place importante dans le débat public, les déclarations du pape ont pris une dimension particulière. Son discours contre la corruption et les systèmes d’oppression a été largement interprété comme une dénonciation directe de certaines élites dirigeantes.
Sur les réseaux sociaux, les commentaires oscillent entre satire politique et croyances religieuses. Certains internautes parlent d’un « exorcisme national », tandis que d’autres dénoncent des récupérations dangereuses autour de décès humains.
Le pape Léon XIV a effectué une visite officielle au Cameroun du 15 au 17 avril 2026 dans le cadre d’une tournée africaine. Durant son séjour, il a prononcé plusieurs discours marquants contre la corruption, l’exploitation des ressources africaines et les violences dans les régions anglophones.
