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Cameroun | Projet minier Geovic: Un Économiste dénonce des malversations financières aux États-Unis

Ce lundi, Eugène Nyambal et son nouvel avocat, constitué le 29 avril, ont déposé aux États-Unis une requête d'urgence sollicitant le renvoi de l'audience du 11 mai pour plusieurs raisons fondamentales touchant au respect du contradictoire et aux droits d'un procès équitable.

by world top news
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Par Serge Aimé BIKOI

La Cour d’appel fédérale de Washington DC aux États-Unis a entendu les plaidoiries dans le cadre du procès en diffamation de l’Economiste camerounais, Eugène Nyambal, contre la société de sécurité américaine, Allied Barton Security, pour avoir été utilisée par les parties impliquées dans le scandale minier Geovic. Question d’inscrire l’expert sur la liste noire des institutions internationales prestigieuses. Cette mesure fait suite à ses dénonciations sur les faits avérés de corruption liés au financement de 60 millions de dollars approuvé par le Fonds monétaire International (Fmi) pour permettre au gouvernement camerounais d’accélérer le lancement du projet minier de Nkamouna, dont la concession de cobalt, manganèse et nickel avait été octroyée à la société fictive américaine Geovic pour 25 ans.

Aux sources du contentieux

Au premier abord, Eugène Nyambal a présenté au consulat américain l’ordonnance du tribunal du 19 mars 2026 instruisant les parties à participer à l’audience du 11 mai. Mais le consulat a donné à l’Economiste un rendez-vous de visa pour le 1er juin 2026 en dépit d’une demande d’avancement motivée par l’urgence de cette procédure judiciaire. Eu égard à cette entrave, E. Nyambal a demandé un report de l’audience auprès de la Cour d’appel qui a été rejeté en raison de l’opposition du défendeur qui exige que l’audience du 11 mai soit maintenue

Deuxièmement, le nouvel avocat de l’Economiste a besoin d’un délai raisonnable pour se familiariser avec un dossier complexe comprenant plus de 400 requêtes et pièces versées au dossier par devers lui après son départ à la retraite en 2021 et qui a soustrait les pièces du dossier plusieurs fois. Alors, l’une des questions essentielles que Nyambal a posée à la Cour d’appel est de savoir si le juge d’instance peut permettre au défendeur de répondre à la plainte huit ans après avoir été servi alors que le code de procédure civile prévoit un délai de réponse de 21 jours.

Troisièmement, la requête expresse de report de l’audience introduite ce lundi, 11 mai demande, dans la même veine, que le tribunal d’instance transmette à la Cour d’appel l’intégralité des pièces du dossier, notamment les documents et requêtes qui auraient été soustraits du dossier et qui sont indisponibles pour le public, les avocats et la cour depuis l’ordonnance de septembre 2019 soumettant toutes les pièces de Nyambal à la discrétion de recevabilité du juge alors que le défendeur n’était pas soumis aux mêmes contraintes.

L’Economiste souligne que ce contentieux transcende sa situation personnelle et concerne la protection des lanceurs d’alertes africains et internationaux, la gouvernance des ressources naturelles du continent noir, la lutte contre la corruption, ainsi que la question de la spoliation des ressources minières du Cameroun et de l’Afrique tout entière. L’auteur indique que le projet Geovic concernait l’une des plus importantes réserves de cobalt, de nickel et de manganèse du Cameroun. “En 2003, rappelle E. Nyambal, cette concession minière stratégique a été attribuée à la société américaine Geovic Mining Corp pour une durée de 25 ans renouvelables jusqu’à épuisement des ressources alors même que cette société junior ne disposait que d’un capital d’environ 10 millions de dollars et d’aucune expérience significative dans l’exploitation minière”. “En complicité avec certaines autorités camerounaises de l’époque, ajoute l’expert, la société fictive américaine Geovic a obtenu du gouvernement camerounais les 60 millions de dollars approuvés par le Fonds monétaire International (Fmi) pour le développement du projet. Ces ressources ont été utilisées, mais le projet minier n’a jamais effectivement démarré”.

Eugène Nyambal obligé de quitter le Fmi après la révélation des faits présumés de corruption

C’est après avoir dénoncé ces faits présumés de corruption et de détournement de fonds qu’Eugène Nyambal a été contraint de quitter son poste de conseiller principal pour l’Afrique au conseil d’administration du Fmi sans préavis en moins de 24h avec la complicité des parties nationales et internationales impliquées dans ce dossier. De plus, l’expert a fait bloquer un crédit de 170 millions de dollars que ce groupe voulait prendre auprès de la Banque africaine de développement (Bad) au nom du Cameroun, en fournissant les preuves aux dirigeants de la banque attestant que les ressources approuvées par le Fmi avaient été soustraites. Autant de choses ayant valu à l’ancien cadre du Fmi son inscription sur une liste noire des personnes susceptibles de représenter un danger pour la sécurité par le biais de la société de sécurité Allied Barton. Après enquête interne, la Banque mondiale a fourni à l’Economiste les pièces démontrant la forfaiture dont il avait été l’objet. Toute chose lui ayant permis de porter plainte contre cette société américaine chargée de gérer la sécurité de la Banque mondiale et du Fmi. L’ancien fonctionnaire du Fmi a tenté, en vain, d’alerter le chef de l’État sur le scandale minier Geovic en marge des assemblées annuelles des Nations unies à New-York. Mais malencontreusement, il a été en butte à de nombreuses pesanteurs.

Rebondissement

En 2025, les faits ont donné raison à Nyambal. En effet, le gouvernement camerounais a, finalement, décidé d’annuler la concession minière Geovic. La société américaine Allied Barton Security menace, désormais, de saisir un tribunal arbitral international. C’est dans ce contexte qu’intervient l’action judiciaire de 15 millions de dollars engagée par l’Economiste devant les juridictions américaines depuis 2014.

En rappel, E. Nyambal a occupé, avant ces événements, les fonctions internationales de haut niveau, notamment comme conseiller principal pour l’Afrique au conseil d’administration du Fmi. C’est cet expert qui avait défendu l’Initiative pays pauvre très endetté (Ippte) du Cameroun. Chef de projet à la Banque mondiale et responsable de la stratégie pour l’Amérique latine à la Société financière internationale, il a reçu plusieurs prix d’excellence dans le cadre de ses fonctions et publié de nombreux ouvrages et articles consacrés au développement de l’Afrique.

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