Par Serge Aimé BIKOI
Entre autres faits décriés la surveillance en ligne et hors-ligne, des arrestations et détentions arbitraires, la restriction des libertés fondamentales. Synthèse de la situation des violations des droits humains en Afrique centrale exposée par le Redhac
Au Cameroun, la crise post-électorale d’octobre 2025 a engendré au moins 2000 arrestations et détentions arbitraires parmi lesquelles les mineurs, les dizaines de morts, la destruction des biens privés et publics. Les conditions de détention restent un défi majeur, surtout pour les prisonniers politiques et ceux de la crise anglophone. Anicet Ekane, président national du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), arrêté le 24 octobre 2025, deux semaines après la tenue de l’élection présidentielle, et Patrick Ndango, un détenu de la crise sécuritaire arrêté en 2016 et condamné en 2017, sont morts en détention dans les conditions inhumaines et dégradantes.
En République démocratique du Congo (Rdc), la persistance des violences dans l’Est expose les défenseurs des droits humains aux enlèvements, aux assassinats et aux déplacements forcés. Les jeunes filles et femmes défenseures en payent le lourd tribut. Le Redhac regrette aussi, malheureusement, de nombreuses arrestations et détentions arbitraires, le départ massif en exil des défenseurs et leurs proches.
Au Tchad, la recrudescence des conflits intercommunautaires a fait, indique le Redhac, des centaines de morts. En avril 2026, huit leaders d’opposition réunis dans le groupe de concertation des acteurs politiques viennent d’être condamnés à huit ans de prison ferme juste pour “avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et d’opinion”. Succès Masra, qui a écopé de 20 ans de prison ferme, reste toujours en détention malgré son état de santé préoccupant. L’association Kodomma internationale a été suspendue, d’autres dissoutes, telles que l’Association des jeunes pour la paix et le développement, Wakit Tammah et Mouvement du Tchad.
Au Gabon, le Redhac est préoccupé par la situation actuelle des journalistes et acteurs politiques privés de liberté, à l’instar d’Harold Thibaut, Leckat Igasela, Roland Olouba Oyabi, Claude Bilie-Bi-Nze, des syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong Edzo et l’activiste Bob Mengome.
En République centrafricaine (Rca), en Guinée équatoriale et au Congo, plusieurs organisations et activistes font encore face à des obstacles administratifs. À cause de cet état de choses, le Redhac appelle respectueusement la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples à renforcer le suivi de la situation des défenseurs des droits humains en Afrique centrale, à encourager les États à privilégier le dialogue inclusif, la prévention des conflits et la justice transitionnelle dans les pays affectés par des crises et conflits multiformes.
Cette organisation internationale de défense des droits humains exhorte, dans la même veine, les États de l’Afrique centrale à cesser les arrestations et détentions arbitraires, le harcèlement judiciaire, les représailles et intimidations à l’encontre des défenseurs, des journalistes et des militants de la démocratie. Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale appelle aussi à diligenter systématiquement les enquêtes indépendantes et impartiales sur les violations commises contre les défenseurs et à condamner les coupables, en assurant une réparation matérielle, financière et psychologique pour lutter, de manière efficiente et efficace, contre l’impunité. Enfin, le Redhac sollicite la libération des prisonniers d’opinion et ceux issus des crises post-électorales au Cameroun, au Tchad y compris les détenus de la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
