Par Hippolyte Ikome
Selon le témoignage de Tueudoung Megha Clovis, les faits remontent au 4 janvier 2020. Il avait été désigné pour participer à un convoi chargé d’acheminer des matelas destinés aux déplacés internes dans la localité de Jakiri, dans le Nord-Ouest du Cameroun.
Au retour de la mission, le convoi aurait été pris pour cible par des séparatistes armés anglophones. Le chauffeur explique avoir essuyé des tirs nourris au cours de l’attaque, perdant son œil droit tandis que le camion subissait d’importants dégâts matériels.
Après les faits, il avait été évacué à Yaoundé, à la garnison militaire, où il a subi une intervention chirurgicale. D’après ses révélations, des responsables du ministère de l’Administration territoriale lui avaient alors promis un suivi médical et un accompagnement administratif qui, selon lui, n’ont jamais été assurés.
Tueudoung Megha Clovis affirme avoir adressé plusieurs correspondances à la présidence de la République, à la Primature, au ministère des Affaires sociales ainsi qu’au ministère de l’Administration territoriale, sans obtenir de réponse. Désormais sans emploi et atteint d’un handicap permanent, il déclare vivre dans une grande précarité, affirmant ne plus pouvoir exercer son métier de chauffeur.
Depuis 2017, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont le théâtre d’un conflit opposant les forces gouvernementales à des groupes séparatistes armés réclamant l’indépendance de “l’Ambazonie”. Les attaques contre les convois administratifs et les personnels de l’État y sont fréquentes.
