Par Mon’Esse
La dynamique attendue sur les indicateurs de mesures de développement du Cameroun «reste en retrait des niveaux escomptés», selon le rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 (SND30) du ministère de l’Economie (Minepat).
En 2022, par exemple, les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (813 francs par jour) était de 37,7%, un niveau correspondant à 10,1 millions de personnes, sur une population totale de quelque 30 millions d’habitants, qui reste «un phénomène persistant», plus important en milieu rural (56,3%) qu’en zone urbaine (21,6%).
En matière d’inégalités, le rapport précise que les 20% de ménages les plus riches ont un niveau de dépenses 10 fois plus élevés que celles des 20% les plus pauvres, cette tendance étant plus prononcée à l’Extrême-Nord, au Nord et au Nord-Ouest.
S’agissant des exportations du secteur primaire, elles ont connu une tendance baissière, passant de 22,7% en 2020 à 18% en 2025 et, dans l’industrie où le pays prévoyait un relèvement des industries manufacturières de 17,7% en 2020 à 19,9% en 2025, l’indicateur est resté inférieur à 14%.
Dans le secteur des infrastructures, où la proportion des routes bitumées devait passer de 6% en 2020 à 12% en 2025, la proportion n’a été que de 9,5%.
Dans le même ordre d’idées, le taux d’accès à l’électricité, attendu à 95% en 2025, est resté en berne, le taux de réalisation n’étant que de 77,8%.
Si le taux d’achèvement du cycle primaire est en hausse, il en est tout autre du secondaire où le taux est resté coincé à 47,7%.
En matière de santé, le rapport du MInepat note une amélioration du taux de mortalité neo natale, maternelle et infanto juvénile, mais s’inquiète davantage sur la persistance du paludisme et du retard de croissance au sein de la population.
La densité du personnel médical, ainsi que les ressources financières, constituent un autre point d’attention du secteur de la santé : le nombre de médecins pour 10 000 habitants est estimé à 1,68% en 2025, contre une prévision de 2 et la part de la santé dans le budget national est de 5,5%, contre une prévision de 7,6% en 2025.
Dans le pays, le rapport gouvernemental relève des effets «positifs» du sous-emploi global, passé de 47% en 2020 à 40,9% cinq ans plus tard, le taux de chômage élargi pointant pour sa part à la hausse et touchant particulièrement les diplômés de l’enseignement supérieur.
Si le taux d’occupation des prisons est estimé à 184,4%, que celui du budget d’investissement public n’a pas atteint les 32% en 2025, «la corruption demeure un phénomène important» dans le pays.
