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Cameroun | Cadre de concertation communautaire à Kienké : La Socapalm renforce ses outils de dialogue avec les populations de Nkolembonda

La Socapalm Kienké a rencontré, le vendredi 26 juin dernier, les représentants de la communauté de Nkolembonda, dans l’arrondissement de Niété, à l’occasion de la traditionnelle rencontre bipartite.

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Par Zobel A Mbon

Recrutements, sécurité, projets sociaux, traitement des plaintes et suivi environnemental étaient au cœur des échanges. Une concertation marquée par la volonté de consolider le dialogue, de lever certaines incompréhensions et de traduire les engagements sociaux en actions visibles sur le terrain.

C’est dans un climat d’échanges francs et constructifs que s’est tenue, à Kienké, la rencontre bipartite entre l’équipe de la Société camerounaise de palmeraies, conduite par Mbock Yon Stéphane, Assistant administratif aux ressources humaines, et les représentants de la communauté de Nkolembonda. La délégation villageoise était conduite par Sa Majesté Meyo Medou Inès, chef du village.

Cette concertation s’inscrit dans le cadre du dialogue permanent entre la Socapalm et les communautés riveraines de ses plantations. Elle a permis de faire le point sur plusieurs préoccupations exprimées par les populations, notamment l’accès à l’emploi, les projets communautaires, la sécurité, le traitement des plaintes et les questions environnementales.

Recrutements et cas social : la Socapalm répond aux réclamations de février 2026
La session s’est ouverte par un rappel des principales réclamations formulées lors de la précédente rencontre bipartite tenue en février 2026. Les riverains avaient notamment exprimé leurs préoccupations face à leur faible représentativité dans certains recrutements engagés par la Socapalm deux mois avant ladite rencontre.

Sur ce point, l’équipe de la Socapalm a indiqué avoir pris acte des doléances exprimées. Elle a, par ailleurs, invité les candidats non retenus ou non encore pris en compte à déposer des dossiers complets auprès des services compétents de l’entreprise. Ces dossiers seront intégrés dans une base de données destinée à faciliter leur prise en compte lors des prochaines campagnes de recrutement.

L’autre point soulevé concernait le cas de monsieur Somb, notable du village de Nkolembonda, dont le salaire aurait été amputé par l’entreprise contractuelle Albaraka pendant une période d’absence liée, selon lui, à un arrêt maladie.

À ce sujet, Mbock Yon Stéphane a apporté des éléments de clarification afin de lever toute équivoque. Selon les explications fournies par la Socapalm, lorsqu’un travailleur est malade, la procédure en vigueur exige que son état soit constaté par le service médical compétent et accompagné d’une documentation validant formellement l’arrêt maladie. En l’absence d’un tel justificatif, la période concernée peut être considérée comme une absence non documentée, ce qui peut conduire à une déduction salariale.

La Socapalm a également précisé que les congés rémunérés répondent à des conditions spécifiques, notamment lorsqu’ils concernent des événements familiaux majeurs tels que le décès d’un parent direct, d’un frère, d’une sœur, d’un enfant ou d’un conjoint. Les autres absences sont traitées selon les procédures applicables, en fonction des pièces justificatives produites.

La Socapalm a toutefois indiqué qu’elle saisira l’entreprise contractuelle mentionnée afin d’obtenir des informations complémentaires sur le cas de Monsieur Somb et d’apporter, le cas échéant, une réponse plus complète, plus précise et plus efficace.

Projets sociaux et sécurité : des engagements tenus et de nouvelles priorités exprimées
La question des projets communautaires a constitué l’un des temps forts de la rencontre. À ce sujet, la Socapalm a rappelé avoir tenu, à la satisfaction de l’ensemble des parties prenantes, l’engagement pris dans le cadre du projet social 2025 au bénéfice de la communauté de Nkolembonda.

Cet engagement s’est notamment matérialisé par la remise de dons en chaises et en tentes au village. Cette demande, formulée par la communauté, était encore en cours de traitement côté Socapalm en février dernier, lors de la précédente rencontre tripartite. Sa concrétisation a donc été présentée comme un signal positif dans la mise en œuvre progressive des engagements sociaux de l’entreprise envers les populations riveraines.

Au-delà de cette réalisation, la communauté de Nkolembonda a exprimé de nouvelles attentes pour l’année 2026. Elle souhaite notamment bénéficier de débroussailleuses, de groupes électrogènes et d’équipements de protection individuelle. La Socapalm a indiqué que ces demandes sont encore à l’étude et qu’elles devront être examinées au regard de l’enveloppe budgétaire annuelle consacrée aux projets communautaires.

Sur le volet sécuritaire, l’entreprise a annoncé avoir donné suite à une recommandation formulée lors de la réunion de crise de février 2026 à Kienké. Un kit d’alerte composé de cinq sifflets, d’une machette et d’un téléphone portable a officiellement été remis à Sa Majesté Meyo Medou Inès. Deux points focaux communautaires serviront désormais de relais d’information entre la communauté, la Socapalm et les autorités administratives.

Plaintes et environnement : vers davantage de transparence
La Socapalm a également présenté aux populations de Nkolembonda les nouvelles modalités de traitement des plaintes. Depuis mars 2026, le groupe Socfin, maison-mère de la Socapalm, a centralisé la gestion des réclamations. Les correspondances autrefois adressées directement aux directeurs de plantations sont désormais remplacées par une plateforme unique.

Cette plateforme est accessible par appel téléphonique, WhatsApp ou code QR. Elle permet aux employés, aux contractuels et aux membres des communautés riveraines de transmettre leurs plaintes par un canal centralisé, sécurisé et traçable.

Sur le plan environnemental, l’entreprise est revenue sur les analyses réalisées au mois de mars dernier sur les eaux des rivières partagées avec les populations. Les résultats présentés à la communauté ont été jugés globalement conformes aux normes applicables.

La Socapalm a expliqué que cette situation résulte notamment de l’évolution de ses pratiques industrielles. Les effluents ne sont plus rejetés directement dans la nature, mais traités dans des lagunes, conformément aux procédures environnementales en vigueur.

Dans un souci de crédibilité et de transparence, l’entreprise a proposé qu’un représentant des communautés assiste aux prochains prélèvements d’eau. Elle a également ouvert la possibilité de recourir à un laboratoire indépendant pour réaliser une contre-expertise des résultats d’analyses produits par la Société camerounaise de palmeraies.

Les attentes de la communauté
Au cours de la phase d’échanges, les populations ont formulé trois attentes prioritaires : le renforcement de la sécurité sanitaire, une meilleure prise en compte des populations locales dans les recrutements et des garanties relatives au versement des pensions de retraite.

Ces préoccupations ont été accueillies avec attention par la délégation de la Socapalm, qui a indiqué qu’elles seraient transmises à la hiérarchie compétente pour examen.

Paroles des acteurs : « L’information reste notre principal défi »

Sa Majesté Meyo Medou Inès, Chef du village de Nkolembonda
« La Socapalm est notre partenaire. Depuis la mise en place de la bipartite et de la tripartite, Nkolembonda bénéficie de son accompagnement. Le seul problème qui reste, c’est celui de la bonne information. Il faut que tous les projets communautaires soient mis à la disposition des populations. »

M. Mbock Yon Stéphane, Assistant administratif RH, Socapalm Kienké
« Je retiens de cette rencontre un sentiment de collaboration sincère, de travail en équipe et de partage d’une vision commune. Tout n’est pas parfait, mais nous constatons que les populations riveraines manquent encore de compréhension sur les procédures à suivre pour bénéficier de leurs avantages. Qu’il s’agisse de la prise en charge médicale, des projets sociaux ou des recrutements, les populations riveraines restent une priorité pour la Socapalm. »

Au terme de cette rencontre bipartite, une réalité se dégage : la Socapalm entend structurer davantage ses relations avec la communauté de Nkolembonda à travers des mécanismes de dialogue plus formalisés et des actions concrètes. La remise des chaises et des tentes au titre du projet social 2025, la mise en place d’une plateforme centralisée de plaintes, le suivi environnemental renforcé et la dotation en kits de sécurité traduisent cette volonté d’avancer sur des dossiers attendus par les populations.

La communauté, pour sa part, attend désormais des résultats visibles, une communication plus accessible et une meilleure prise en compte de ses préoccupations. Le principal défi des prochains mois sera donc de maintenir ce cadre de confiance et de transformer les engagements annoncés en réalisations tangibles sur le terrain.

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