Par Ilyass Chirac Poumie
L’Ong Mandela Center International, dotée du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies, a salué la remise en liberté du journaliste et chroniqueur camerounais Andrew Carlos Afana Mbida, alias Andrew Afana, après « plus de 130 jours de détention au secret » à Yaoundé.
Dans une longue note d’information datée du 28 juin 2026 et publiée depuis Genève, l’organisation affirme que le journaliste a été victime d’une « arrestation illégale », d’une « détention arbitraire » et d’actes de « torture, traitements cruels, inhumains et dégradants ».
Selon l’Ong, Andrew Afana Mbida avait disparu le 4 février 2026 après avoir quitté son domicile du quartier Odza, à Yaoundé. Sa famille était alors restée sans nouvelles et n’avait reçu aucune information officielle sur son lieu de détention.
Mandela Center International rappelle avoir alerté les autorités camerounaises dès le mois de mars, affirmant détenir des éléments indiquant que le journaliste était détenu dans les services de la Direction générale de la Recherche extérieure (DGRE). L’organisation précise avoir saisi plusieurs hautes autorités de l’État, dont la Présidence de la République, la Primature, le ministère de la Défense et le ministère de la Justice.
L’ONG soutient que cette détention secrète constitue une « disparition forcée » au regard du droit international et engage directement la responsabilité de l’État du Cameroun.
Au-delà de la remise en liberté du journaliste, Mandela Center International exige « clairement et avec détermination » une réparation intégrale du préjudice subi par Andrew Afana Mbida, ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale destinée à identifier les responsables et à les traduire devant la justice.
L’organisation met également en garde les autorités camerounaises, notamment le délégué général à la Sûreté nationale et le directeur général de la DGRE, estimant que les auteurs de ces violations pourraient un jour répondre de leurs actes devant des juridictions nationales ou internationales.
Andrew Carlos Afana Mbida, journaliste, chroniqueur et promoteur de la plateforme numérique Minkana, avait disparu le 4 février 2026 dans des circonstances demeurées longtemps obscures. Son cas avait suscité une forte mobilisation d’organisations de défense des droits humains et de plusieurs acteurs de la société civile. Durant sa disparition, de nombreuses voix avaient dénoncé une détention au secret et réclamé des informations sur son état de santé et son lieu de détention. Sa remise en liberté, intervenue après plus de quatre mois de disparition, relance désormais le débat sur la pratique des détentions secrètes et le respect des droits fondamentaux au Cameroun.
