Par Olivia Lemot
Le gouvernement canadien ambitionne de dévoiler, à l’occasion du sommet de l’Otan qui se tiendra les 7 et 8 juillet à Ankara, une liste d’environ dix pays fondateurs d’une nouvelle institution financière internationale consacrée au financement de la défense.
L’information a été confirmée à Reuters par Isabelle Hudon, négociatrice en chef du projet et présidente-directrice générale de la Banque de développement du Canada. Baptisée Banque pour la défense, la sécurité et la résilience (DSRB), cette institution vise à mobiliser jusqu’à 100 milliards de livres sterling (environ 133 milliards de dollars américains) afin d’offrir des financements à faible coût pour les projets de défense des pays alliés.
Porté par le Premier ministre canadien Mark Carney, le projet s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la coopération entre les puissances intermédiaires face aux bouleversements de l’ordre géopolitique mondial. Selon Ottawa, les premiers membres devraient être principalement des pays européens, en plus du Canada, même si les négociations sur les engagements financiers se poursuivent.
Le Canada et le Luxembourg sont, à ce stade, les deux seuls participants ayant publiquement confirmé leur engagement. Des discussions sont également en cours avec plusieurs partenaires, dont la Corée du Sud, tandis que l’Allemagne participe aux travaux en qualité d’observateur. En revanche, plusieurs membres du G7 n’ont pas encore annoncé leur adhésion au projet.
La Banque pour la défense, la sécurité et la résilience (DSRB) est conçue pour compléter les mécanismes existants de financement de l’industrie de défense et soutenir notamment les petites et moyennes entreprises du secteur. Le sommet de l’Otan en Turquie est considéré comme une étape décisive pour mesurer le soutien international à cette initiative, alors que les Alliés cherchent à accroître leurs investissements militaires dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques croissantes.
