Par Olivia Lemot
«Des informations publiées récemment comportaient des affirmations non étayées et des allégations manifestement fausses concernant la Fifa et son président. Les spéculations et les insinuations ne doivent pas être présentées comme des faits, et la répétition d’une allégation ne la rend pas vraie », affirme l’instance. Elle ajoute accueillir favorablement tout examen critique légitime, mais estime que celui-ci « ne saurait autoriser à déformer les faits, à amplifier des allégations non étayées ou à créer artificiellement des éléments de distraction ».
Gianni Infantino, candidat à sa propre succession à la tête de la Fifa en mars prochain, traverse une séquence particulièrement délicate. Il est notamment contesté par l’Uefa, qui a maintenu jeudi sa menace de boycott des Coupes du monde, jugeant insuffisant le simple retrait du projet controversé d’ouverture aux investisseurs privés. Vendredi, la fédération norvégienne de football, en pointe des critiques depuis plusieurs années, a réclamé sa démission par la voix de sa présidente, Lise Klaveness. Dans son communiqué, la Fifa affirme qu’elle ne soutiendra, ne facilitera ni ne tolérera aucun processus électoral contraire à ses statuts ou à ses procédures démocratiques, rappelant que son président a été démocratiquement élu par les associations membres et continue d’exercer ses fonctions en vertu du mandat qui lui a été confié.
Cette sortie de la Fifa intervient au lendemain d’un article du Telegraph selon lequel Gianni Infantino, secrétaire général de l’Uefa entre 2009 et 2016, aurait usé de son influence pour favoriser la promotion d’une employée avec laquelle il entretenait une relation intime, celle-ci ayant perçu, à son départ, une indemnité à six chiffres validée par lui-même, ainsi qu’une prise en charge d’environ 50 000 euros de frais de scolarité dans une école de commerce.
Sollicitée par l’Afp, l’Uefa a confirmé qu’un paiement avait bien été effectué à cette période, assorti du financement d’un cursus Mba, tout en précisant que ce versement était conforme aux règles alors en vigueur pour le personnel quittant l’organisation. Ces révélations s’ajoutent à une crise plus large déclenchée fin juillet par la divulgation du projet, depuis abandonné, d’ouverture de la Fifa à des investisseurs privés, qui avait déjà valu à Gianni Infantino d’être lâché par son numéro deux à la Fifa.

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