Par Arlette Akoumou Nga
L’audio, devenu viral sur les médias sociaux camerounais, ajoute un nouvel épisode à la série de témoignages particulièrement préoccupants livrés ces derniers mois par Brenda Biya, fille du président camerounais Paul Biya.
Dans la conversation diffusée en ligne, un homme présenté comme un marabout explique à son interlocutrice que « Indira » serait à l’origine des difficultés qu’elle attribue à des forces occultes. L’identité complète de cette Indira n’est pas clairement établie dans l’enregistrement consulté. Sur les médias sociaux, de nombreux commentaires ont néanmoins immédiatement associé ce prénom à Indira Baboke, fille du directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence de la République, Oswald Baboke.
Cette interprétation nécessite toutefois de la prudence : aucun élément indépendant ne permet, à ce stade, d’établir que la personne évoquée dans l’audio est effectivement Indira Baboke, pas davantage qu’il n’est possible de vérifier les accusations mystiques formulées pendant cet échange.
L’enregistrement intervient surtout dans un contexte très particulier. Depuis plusieurs mois, Brenda Biya affirme publiquement être victime de persécutions qu’elle attribue notamment à des forces ou des esprits invisibles. Dans plusieurs vidéos et publications sur les médias sociaux, elle raconte vivre dans la peur, être surveillée, empêchée de dormir et subir ce qu’elle décrit comme une forme d’acharnement destiné à la détruire psychologiquement et physiquement.
Dans certains de ses récits diffusés en ligne, Brenda Biya affirme également que des esprits chercheraient à lui faire perdre la vue ou à la rendre aveugle. Ces déclarations s’inscrivent dans un ensemble plus large de témoignages dans lesquels elle décrit un sentiment de persécution permanent et dit craindre pour sa vie. Ces affirmations relèvent de sa propre interprétation des événements et aucune preuve indépendante ne permet d’établir l’existence d’attaques surnaturelles à son encontre.
En juin dernier déjà, Brenda Biya avait publié un long témoignage personnel dans lequel elle disait se sentir observée depuis son arrivée en Europe, vivre presque recluse et entendre régulièrement des propos qu’elle interprétait comme des menaces ou des tentatives de déstabilisation. Elle évoquait également des rêves qu’elle considérait comme prémonitoires et s’interrogeait elle-même sur la frontière entre ce qu’elle vivait et sa propre perception des événements.
Ce background donne une autre dimension à l’appel téléphonique aujourd’hui en circulation. Pour la première fois dans cette séquence, un interlocuteur présenté comme un spécialiste des pratiques mystiques donne un nom à l’origine supposée des persécutions décrites depuis plusieurs mois par Brenda Biya.
Le nom d’Indira avait déjà été associé à Brenda Biya dans de précédentes controverses sur les médias sociaux. En juin 2025, un commentaire de Brenda Biya autour de l’expression « mère célibataire » avait notamment provoqué une confusion entre Indira Baboke et une autre femme également appelée Indira, avec laquelle Brenda avait eu auparavant des échanges conflictuels. Certains récits de cette ancienne querelle faisaient déjà état d’accusations de « maraboutage ».
Panorama Papers n’est cependant pas en mesure d’authentifier indépendamment l’appel téléphonique actuellement diffusé, d’identifier formellement l’homme présenté comme le marabout ni de confirmer que l’« Indira » citée dans l’échange est Indira Baboke. Il n’existe également aucun élément factuel permettant d’étayer les accusations d’ordre mystique formulées dans l’enregistrement.
Au-delà du caractère spectaculaire de l’affaire, cette nouvelle diffusion replace surtout au premier plan les déclarations répétées de Brenda Biya sur son état de détresse, son sentiment de persécution et sa conviction que certaines personnes chercheraient à lui nuire. Sur les médias sociaux, l’audio alimente désormais une nouvelle vague de spéculations autour de l’entourage de la famille présidentielle camerounaise.
