Par Christopher Dumfries
Selon RFI, le ministère sud-africain de l’Intérieur évalue à près de 300 millions de rands, soit environ 16 millions d’euros, le coût de la mise en place d’un centre temporaire dans le nord du pays ainsi que des opérations de rapatriement et de déportation. L’affrètement des bus représente la part la plus importante de cette facture.
Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a qualifié l’ampleur de ces opérations de « sans précédent ». Les dépenses n’avaient pas été prévues dans le budget de l’État. Pretoria a ainsi écrit au gouvernement du Malawi, ainsi qu’aux ambassades du Nigeria et de l’Éthiopie, pour leur réclamer des compensations financières.
Cette demande intervient sur fond de tensions diplomatiques. Après les manifestations visant les étrangers en Afrique du Sud, le Ghana et le Nigeria avaient eux-mêmes évoqué des demandes de dédommagement pour les préjudices subis par leurs ressortissants. Pretoria refuse cependant de verser de telles compensations.
La question migratoire prend une dimension régionale alors que Durban accueille le Conseil des ministres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), en prélude au sommet des chefs d’État prévu le lundi 17 août. L’Afrique du Sud fait régulièrement face à des tensions et à des violences visant les ressortissants étrangers, alimentant sur les médias sociaux et dans le débat politique national une vive controverse sur l’immigration, le chômage et l’accès aux services publics.
