Par Madani Charaf
Le mouvement, porté principalement par des jeunes et des étudiants, s’est imposé ces derniers mois comme l’un des foyers de contestation les plus visibles en Inde. Il dénonce notamment les fuites à répétition de sujets d’examens, le chômage des jeunes, la corruption et les dysfonctionnements du système éducatif.
La Cockroach Janta Party est née en mai sur les médias sociaux, après une polémique autour de l’emploi du terme « cockroaches » — « cafards » — lors d’une audience de la Cour suprême. Abhijeet Dipke avait alors lancé, sur un ton satirique, l’idée de rassembler les « cafards ». Le mouvement s’est rapidement transformé en mobilisation nationale.
Les relations entre le CJP et les autorités sont déjà particulièrement tendues. Lors d’une précédente marche vers le Parlement, le 20 juillet, plus de 10 000 manifestants avaient affronté un important dispositif policier à New Delhi. Des gaz lacrymogènes et des charges à la matraque avaient été utilisés pour empêcher les protestataires d’atteindre le Parlement.
La mobilisation des « Cafards » a déjà obtenu une victoire politique majeure avec la démission, le 25 juillet, du ministre de l’Éducation Dharmendra Pradhan, après plusieurs semaines de manifestations liées notamment aux scandales de fuites de sujets d’examens.
Mais le mouvement ne s’est pas arrêté à ce départ. Son fondateur Abhijeet Dipke a annoncé cette semaine une nouvelle campagne nationale consacrée à l’état des écoles publiques dans les zones rurales, dont le lancement est prévu le 15 août.
La contestation est devenue un phénomène politique et numérique majeur, capable de mobiliser dans la rue mais aussi massivement sur les médias sociaux, et constitue désormais un défi inédit porté par la jeunesse au pouvoir de Narendra Modi.
