Par Joël Onana
Le dossier prend une nouvelle dimension judiciaire. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant Nasser al-Khelaïfi, président du PSG, président de beIN Media Group et membre du conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP).
L’enquête fait suite à un signalement de l’association anticorruption Anticor et porte sur une réunion organisée en juillet 2024 dans le cadre des discussions sur les droits de diffusion du championnat de France. Les investigations ont été confiées à la Brigade financière anticorruption (Bfac).
Des fonctions au cœur des interrogations
Le dossier porte notamment sur le cumul des fonctions exercées par Nasser al-Khelaïfi dans le football français et dans le secteur audiovisuel.
À l’époque des négociations, il était à la fois dirigeant du PSG, président de beIN Media Group et administrateur de la LFP. Or, beIN Sports a obtenu les droits de diffusion d’un match de Ligue 1 par journée, pour environ 100 millions d’euros par saison.
Anticor avait estimé que cette situation pouvait soulever une question de conflit d’intérêts et avait saisi le parquet de Paris en mars 2026. L’association soupçonnait notamment Nasser al-Khelaïfi d’avoir exercé des pressions sur certains dirigeants de clubs au cours des négociations. Ces éléments constituent l’objet du signalement, et non des faits judiciairement établis.
Nasser al-Khelaïfi conteste toute irrégularité
Nasser al-Khelaïfi et beIN Media Group rejettent les accusations.
Selon Reuters, un proche du dossier affirme que le dirigeant s’est retiré de la quasi-totalité des réunions du conseil d’administration de la LFP au cours de la dernière année et n’a pas participé à celles portant sur des questions concernant beIN.
Dans un courrier adressé en février au Conseil national de l’éthique et de la déontologie de la Fédération française de football, beIN a également indiqué que, malgré son titre de président du groupe, Nasser al-Khelaïfi n’exerçait pas de fonctions exécutives ou opérationnelles au sein de beIN Media Group ou de beIN Sports France, celles-ci relevant du directeur général Yousef Al-Obaidly.
Une enquête ne signifie pas culpabilité
L’ouverture d’une enquête préliminaire ne constitue pas une déclaration de culpabilité. Elle doit permettre aux enquêteurs de déterminer si les faits signalés sont susceptibles de constituer une infraction.
Le parquet de Paris devra notamment examiner les circonstances des négociations de 2024, le rôle exact de Nasser al-Khelaïfi dans les décisions concernant les droits audiovisuels et les éventuels conflits entre ses différentes fonctions.
Cette nouvelle procédure intervient alors que la gouvernance du football professionnel français fait déjà l’objet d’autres investigations judiciaires.
Pour Nasser al-Khelaïfi, le dossier ajoute ainsi une nouvelle procédure à une série d’affaires judiciaires distinctes le concernant. À ce stade, l’enquête sur les droits TV de la Ligue 1 porte sur des soupçons de prise illégale d’intérêts et aucune conclusion définitive sur une éventuelle infraction n’a été rendue.
