Par Reagan Lebisano, À Luanda
Luanda s’est muée ce lundi en capitale diplomatique du continent à l’ouverture du sommet conjoint Union africaine–Union européenne, prévu les 24 et 25 novembre 2025 dans la capitale angolaise. Sous le thème « Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif », cette rencontre de haut niveau réunit près de 80 chefs d’État et de gouvernement, ainsi que plusieurs délégations ministérielles venues examiner les grands dossiers de la coopération afro-européenne.
La ville, placée sous un dispositif sécuritaire exceptionnel, accueille une quarantaine de dirigeants africains et leurs homologues européens autour d’un agen8da dense portant sur la sécurité, le commerce, la transition énergétique, la gouvernance et les migrations. Les discussions interviennent dans un contexte géopolitique marqué par la fragmentation des alliances et la montée en puissance des acteurs émergents, poussant les deux continents à repenser leur partenariat.
Co-présidé par João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine, et António Costa, président du Conseil européen, le sommet vise à consolider des relations qualifiées de « séculaires » mais désormais soumises à la concurrence stratégique mondiale. Les deux institutions souhaitent afficher une coopération plus équilibrée, fondée sur la coresponsabilité et la recherche de solutions communes face aux crises.
Pendant ces deux jours, Africains et Européens entendent projeter l’image d’un dialogue rénové, susceptible de renforcer la stabilité régionale et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques et politiques pour les deux ensembles.
Les sommets UA–UE constituent l’un des cadres privilégiés du partenariat afro-européen, régulièrement révisé pour s’adapter aux réalités géopolitiques. La tenue de cette édition à Luanda témoigne du rôle croissant de l’Angola sur la scène diplomatique continentale. Le contexte mondial, marqué par les tensions sécuritaires, la transition énergétique et la compétition des puissances émergentes, impose aux deux blocs de repenser leurs priorités et d’ajuster les mécanismes de coopération. Ce sommet intervient également alors que l’Union africaine cherche à renforcer sa place dans les instances internationales, notamment au G20, où elle siège désormais comme membre permanent.
