Par Cynthia Konan Tawa
La tentative de coup d’État du 7 décembre à Cotonou dévoile progressivement l’ampleur du dispositif déployé pour sécuriser le pouvoir du président Patrice Talon. Au-delà de la mobilisation rapide annoncée par la Cedeao, plusieurs sources sécuritaires indiquent que Paris a fourni un appui discret mais essentiel pour contenir la menace.
À la demande du chef de l’État béninois, la France aurait activé un soutien en matière de surveillance, d’observation aérienne et de logistique, permettant aux forces loyalistes d’identifier les mouvements suspects et d’anticiper les points de rupture. Cet appui aurait été fourni sans communication officielle afin d’éviter toute polémique régionale.
Selon ces mêmes sources, la réaction coordonnée entre les services béninois, certains partenaires européens et la cellule de crise de la Cedeao a permis de neutraliser rapidement les éléments impliqués dans la tentative de prise de pouvoir. Les autorités béninoises affirment que le noyau des putschistes a été interpellé ou contraint à la fuite en moins de vingt-quatre heures.
À Cotonou, l’exécutif insiste sur la nécessité de maintenir la vigilance tandis que des enquêtes sont en cours pour déterminer l’origine des financements, des soutiens extérieurs et les éventuelles complicités au sein de l’appareil sécuritaire.
Le Bénin, longtemps considéré comme l’un des États les plus stables d’Afrique de l’Ouest, est confronté depuis plusieurs mois à des tensions politiques croissantes. La tentative de coup d’État du 7 décembre intervient dans un contexte régional marqué par une série de putschs au Sahel et une sensibilité accrue de la Cedeao aux menaces contre les institutions démocratiques.
