Par Ilyass Chirac Poumie, Avec Maurice Kamto
Le 26 juillet 2025, le Conseil électoral a rejeté ma candidature à l’élection présidentielle, présentée par le parti Manidem.
J’ai déposé un recours contre cette décision infondée devant le Conseil constitutionnel. Nous avons présenté à cette haute instance tous les arguments de fait et de droit plaidant en faveur de la validation de ma candidature, ainsi que les éléments de preuve établissant l’imposture de la seconde candidature attribuée au Manidem le 5 août.
Au terme de son délibéré, le Conseil constitutionnel a rejeté mon recours au motif qu’il était “non fondé”. La décision de m’écarter de l’élection présidentielle de 2025 avait été prise de longue date par le régime Rdpc. Ce régime n’a jamais supporté que nous ayons évité le piège politique des élections législatives et municipales de 2020.
En choisissant le boycott, nous avons échappé à leur stratégie visant à détruire le Mrc à travers ces élections, et ils ne nous l’ont jamais pardonné. Dès lors, une campagne de diabolisation du Mrc et de son président national a été lancée, avec la décision d’empêcher, par tous les moyens, notre participation à la présidentielle de 2025.
C’est dans cet esprit que les élections législatives et municipales prévues en février 2025 ont été reportées à mars 2026, afin d’empêcher le Mrc d’avoir des élus et donc de pouvoir présenter son candidat à la présidentielle d’octobre.
Le régime Rdpc a organisé pendant plusieurs mois de faux débats sur la nullité du mandat impératif, pour démontrer que le Mrc ne pourrait pas présenter de candidat sous sa bannière et que, s’il tentait de le faire, cette candidature serait rejetée, tout en veillant à ce qu’aucune contestation ne soit tolérée.
On nous a ensuite indiqué qu’il ne nous restait qu’une seule voie : faire présenter ma candidature par un des 18 partis politiques ayant obtenu des élus aux élections de 2020.
Je précise qu’aucune loi n’interdisait au Mrc de présenter un candidat à cette présidentielle. Mais il fallait éviter de donner au régime un prétexte pour le rejet de notre dossier, tant la question de la nullité du mandat impératif était devenue pour eux une affaire de survie politique.
La présentation inattendue de ma candidature sous la bannière du Manidem a pris le pouvoir de Yaoundé de court. Ce dernier s’est empressé de fabriquer un nouveau président de ce parti, ainsi qu’un dossier de candidature concurrent, pour créer artificiellement ce qu’ils ont appelé une “pluralité d’investitures”.
Camerounaises, Camerounais, chers compatriotes, j’adresse mes remerciements chaleureux à tous ceux qui m’ont manifesté, sans relâche, leur soutien patriotique et démocratique durant cet épisode qui s’est dénoué devant le Conseil constitutionnel le mardi 5 août 2025.
Je remercie tout particulièrement l’honorable Jean-Michel Nintcheu, président national du Fcc et coordonnateur de l’Apc, ainsi que tous les membres de l’Apc qui avaient décidé de porter ma candidature.
Je remercie également le président national du Manidem, M. Anicet Georges Ekane, pour son patriotisme remarquable, son sens de l’histoire, sa fidélité aux idéaux fondateurs de son engagement politique, son courage et sa détermination à voir notre pays reprendre sa marche nationaliste vers le progrès.
J’exprime ma reconnaissance aux dirigeants et militants du Mrc pour leur soutien indéfectible, leur engagement inébranlable et leur courage remarquable face aux multiples épreuves que leur impose, au quotidien, un régime sans inspiration ni vision pour le pays.
Je l’ai dit et répété : je ne vous trahirai pas. Je ne vous ai pas trahis.
En revanche, le Conseil constitutionnel et la justice, à travers le ministère de l’Administration territoriale – notamment – qui a été de tous les mauvais coups contre nous, vous ont trahis sans état d’âme. La communauté internationale, notamment l’Organisation des Nations Unies, qui a signé une convention secrète avec le gouvernement le 9 mai 2025 prétendument pour garantir la transparence de l’élection présidentielle, vous a également trahis.
Cette communauté internationale préfère se tenir aux côtés d’une dictature qui écrase le peuple camerounais par les crimes politiques du régime Rdpc. Bien au contraire des valeurs qu’elle prétend défendre, elle s’est assise sur ces principes au profit du maintien d’un système oppressif.
Mes chers compatriotes, dans le cadre de la préparation de ma campagne pour l’élection présidentielle d’octobre, j’avais lancé, le 30 janvier 2025, une levée de fonds. Suite au rejet de ma candidature, j’informe l’opinion publique que les contributions pour cette campagne sont désormais closes.
En dépit des dépenses déjà engagées, il sera procédé au remboursement des contributions reçues dans les comptes bancaires ouverts à cet effet, ainsi que sur les comptes auprès des opérateurs de téléphonie mobile.
Des mesures pratiques sont en cours pour ce remboursement. Camerounaises, Camerounais, chers compatriotes, je reste debout et à vos côtés. La lutte continue.
Vive le Cameroun !
