Par Ross Hill
Des informations récentes font état de vols d’expulsions de migrants vers le Cameroun en provenance des États‑Unis dans le cadre d’une politique controversée de l’administration de Donald Trump visant à renvoyer des ressortissants de pays tiers vers des pays africains sans lien direct avec eux. Huit migrants originaires notamment du Sénégal, de Sierra Leone et d’Éthiopie ont été transportés à Yaoundé en janvier 2026.
À la différence d’États comme la Guinée équatoriale, Rwanda ou Eswatini qui ont reçu des paiements estimés à plusieurs millions de dollars en échange de leur participation à ce dispositif, aucune somme n’a été publiquement reconnue comme versée au gouvernement camerounais dans le cadre de ces expulsions. Les rapports de surveillance et les documents accessibles aux médias et ONG ne mentionnent aucun paiement direct à Yaoundé pour accepter les migrants expulsés.
De plus, aucun accord officiel entre les États-Unis et le gouvernement camerounais n’a été annoncé ni rendu public par les autorités de l’un ou l’autre pays concernant la prise en charge ou l’acceptation systématique de migrants expulsés. Des sources indiquent que le transfert de migrants vers le Cameroun s’est fait dans un cadre qui reste secret ou informel, sans transparence sur les négociations ou sur la contrepartie financière éventuelle.
En revanche, pour les autres pays impliqués, des rapports parlementaires américains documentent des paiements directs de dizaines de millions de dollars au total — par exemple 32 millions de dollars accordés à cinq pays comme la Guinée équatoriale, le Rwanda, l’Eswatini, le Salvador et Palau pour des programmes d’accueil de migrants issus d’expulsions de pays tiers.
Depuis 2024, l’administration Trump a étendu des politiques d’expulsion vers des pays tiers, négociant des accords bilatéraux de prise en charge financière avec certains États africains et d’Amérique centrale pour relocaliser des migrants qu’elle juge inéligibles au séjour ou à l’asile aux États-Unis. Ces accords, souvent critiqués pour leur opacité et leur coût élevé, ont entraîné des mouvements de ressortissants de pays tiers vers des États sans lien de nationalité, dans certains cas sans divulgation publique des termes des arrangements.
