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Cameroun | 17ème édition de la fête du Café à Koutaba: La place des femmes en question dans toutes leschaînes de la filière

La cérémonie de cet événement culte chapeauté par le président de la Coopérative agro-industriel du Noun (Coopagro), Tomaïno Ndam Njoya, a eu lieu le 22 novembre dernier au sein de la plantation Adamou Ndam Njoya.

by Panorama papers
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Par Léopold DASSI NDJIDJOU

Cette thématique a nourri toutes les réflexions
à la place des fêtes du café, 15 ans après la 2ème édition en 2010 qui se préoccupait déjà de la place de la femme dans la filière au Cameroun. Il s’agissait en réalité d’une édition bilan du constat d’une avancée avérée des femmes qui sont sorties des plantations en leur qualité de main d’oeuvre servile pour conquérir les autres chaînes de production à l’exemple de la torréfaction, de la commercialisation, de l’exportation du café. Non seulement elles apportent de la valeur ajoutée pour tirer de grands gains, mais aussi les femmes sont les propriétaires des plantations de café aujourd’hui. Dans son discours d’ouverture des festivités, la présidente du Conseil d’administration de la coopérative agro-industrielle du Noun ( Coopagro), et présidente du syndicat des communes du Noun, Tomaïno Ndam Njoya, a ouvert une brèche sur les multiples initiatives pour sauver la filière dans la région suite aux différentes crises économiques et financières qui ont sinistré le secteur vers la fin de la décade 1980.

“La Coopagro est à la base de la relance de la filière café. Depuis 2006,quand le Cameroun a décidé de s’engager plus fortement dans cette filière après la traversée du désert. Dans les années 1980, nous étions concurrents de la Côte d’Ivoire, avec une production de plus de 200.000 tonnes chaque année. Après la crise économique et financière qui a commencé vers la fin de la décennie 80, la production du Cameroun a commencé à chuter. Nous avons par conséquent adhéré à cette relance du gouvernement pour une production en qualité et en quantité”,

a réaffirmé la patronne de la Coopagro tout en précisant qu’on est en période du début de la récolte du café et qu’on était là aussi pour encourager les producteurs de café au Cameroun, qu’on était dans le Noun qui est un bassin de production historique du Café au Cameroun, le café arabica et le café robusta.

Après l’État qui soutient la filière et donc les femmes à travers le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader).
Sur ce point, elle a révélé qu’il y a deux jours, il y a eu à Malantouen la pose de la première pierre pour la construction d’un hangar financé par le Minader pour le stockage du café arabica et un autre à Kouoptamo pour stocker le café arabica. Tout en se félicitant avec toutes les femmes en présence du point focal genre au Minader, elle a demandé à cette dernière de transmettre les remerciements des femmes dans le café à qui de droit. Bien plus, l’honorable Tomaïno Ndam Njoya et par ailleurs présidente du syndicat des communes du Noun, a cité les partenaires en faveur des femmes dans la filière café au Cameroun. Il y a l’Association des femmes camerounaises dans le café; le Projet clé en main qui est une coopération entre la France et le Cameroun dans le cadre du jumelage entre les communes de Foumban et de Jouy-en-Josas.

La phase 2 de ce projet s’occupe du jumelage entre les Syndicats des communes du Noun et le Projet clé en main qui est un projet du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. L’autre partenaire et non des moindres qui arrive dans le secteur est l’Indonésie avec la présence de son ambassadeur qui était la guest star de la fête. Il a d’ailleurs rassuré avoir eu des échanges fructueux avec la Coopagro dans le sens de trouver des voies et des moyens pour une production optimale dans l’intérêt des deux pays.

L’affirmation de la femme dans toute la filière café

C’est au cours des débats qu’on a pu découvrir le champ de la capacité des femmes le long de la filière café. La Pca de la Coopagro a par ailleurs indiqué que 15 ans après la deuxième édition portant sur la place des femmes dans la filière, il était important au regard du dynamisme et de l’énergie des femmes dans le secteur de faire en sorte de promouvoir les activités des femmes au-delà des plantations pour qu’elles soient au niveau de la transformation et de l’exportation.

“Aujourd’hui, 15 ans après, nous allons avec le panel de discussion savoir où se trouve la place des femmes. Est-ce que les femmes sont toujours à 80% dans les plantations de café ? Est-ce qu’elles sont maintenant au niveau de la transformation ? Est-ce que ce sont des exportatrices? Tout à l’heure, il y aura un panel et dans le panel il y aura les représentants de ces différentes chaînes de valeur du café”,

a confié l’honorable Tomaïno Ndam Njoya.

Cette perception est en droite ligne avec la projection d’un film produit il y a une dizaine d’années où une fille déclare qu’elle aimerait épouser un homme qui fait dans le café. Et l’assistance de se demander pourquoi ne pas dire tout simplement qu’elle aimerait se lancer dans la filière. Les possibilités se multiplient pour les femmes aujourd’hui de faire leurs preuves dans toutes les chaînes de la filière. Au cours des débats, on a suivi des jeunes femmes torréfacteurs et propriétaires de plantation. C’est le cas de Samira, torréfacteur à la maison du café, (Lmc).

“J’ai une plantation de Robusta. Aujourd’hui, je suis au niveau de la torréfaction. La jeunesse manque de discernement en ce qui concerne les possibilités qu’offre le secteur du café”,

confie-t-elle.

Quant à Cynthia, Batista à Lmc.

“la préparation du café se fait aussi de manière chaude ou froide. On a aussi le café alcoolisé qui se fait avec des liqueurs, de la vodka et toutes sortes de mixages. Finalement, les clients apprécient. Championne barista du Cameroun en 2025. Je suis allée représenter le Cameroun en Tanzanie en février dernier. Je suis rentrée avec un esprit de combativité renforcé, tous les jurys et experts étaient des femmes. La place de la femme a évolué et évolue dans le café. On peut aller loin dans le café. Il faut y aller avec beaucoup de rigueur”,

conseille-t-elle.

Quant à Àïcha, présidente de la Coopagro à Kouoptamo, elle avoue qu’elle ne savait pas comment torréfier le café.

“C’est au sein de l’association camerounaise des femmes dans le café que j’ai appris à torréfier, à faire la pépinière. Nous sommes des cultivatrices, des torréfacteurs mais nous n’arrivons pas à exporter. Il faut accompagner les femmes dans ce sens”,

lance-t-elle avec une once de supplication à l’endroit de la Pca de la Coopagro.

Au finish, la fête du café 2025 a étalé au grand jour le travail abattu pour que les femmes prennent la place qui est la leur au sein de toutes les chaînes de la filière café, de la pépinière jusqu’à la tasse.

Réactions

Agung Cahaya Sumirat, ambassadeur de la République d’Indonésie au Cameroun

” Travailler ensemble pour créer de meilleures opportunités dans la filière café.

” Je suis très content d’être ici aujourd’hui à cette grande exposition faite par ma nouvelle amie, le maire de Foumban, Honorable Tomaïno Ndam Njoya. Me concernant particulièrement, je suis le nouvel et le premier ambassadeur d’Indonésie avec résidence au Cameroun. pour moi, c’est très spécial de savoir qu’il y a un type de café à Foumban appelé “café arabica Java”. Je vais en savoir davantage plus tard. Ce café importé de mon pays qui peut bien produire à l’Ouest Cameroun! J’ai échangé longuement avec le Maire de Foumban sur les voies et moyens de travailler ensemble, de créer de meilleures opportunités pour l’apprentissage de la café-culture et d’autres méthodes et techniques agraires dans l’intérêt de l’Indonésie et du Cameroun.”

Tomaïno Ndam Njoya, Pca de Coopagro et marraine de la fête du café.

” Il faut garder l’espoir car il y a beaucoup à faire dans l’industrie du café”

” Nous avons commencé en 2009 la première édition de la fête du café. Et la deuxième année portait sur la place de la femme dans le café. Aujourd’hui 15 ans après, à l’évidence nous nous rendons compte que la femme est sortie de la plantation. La femme aujourd’hui est exportatrice, elle est transformatrice, elle est productrice. Elle ne travaille plus seulement pour le compte d’un propriétaire. Nous sommes sur le chemin de la production en qualité et en quantité. Dans les années 1900 le Cameroun était la seule zone en Afrique avec du café qui venait d’Indonésie. De ce fait, le Cameroun a une responsabilité historique pour retrouver une production florissante. Dans le cadre de la Coopagro, du Syndicat des communes du Noun avec nos partenaires Cle en main, avec le ministère de l’Europe et et des affaires étrangères de France, aujourd’hui avec Monsieur l’ambassadeur de la République d’Indonésie qui a accepté notre invitation. Il est venu et nous a présenté son grand pays . Nous voyons que nous avons beaucoup de similitudes non seulement avec cette variété du café Arabica que nous avons multiplié ici à la plantation, “arabica Java”. L’ambassadeur a pu toucher du doigt l’évolution des femmes dans la filière à travers les formations de nos partenaires, notamment l’Acram(l’Agance des cafés robusta d’ Afrique et de Madagascar), le Cicc, l’Oncc, le Minader. Il faut garder l’espoir car il y a beaucoup à faire dans l’industrie du café.”

Mme Andela Christine Yvonne épse Bounoung, représentante du Point focal genre du Minader. Représentante du ministre.

” Pour que les femmes intègrent les différentes chaînes de valeur de la filière café”_

“Le ministre de l’Agriculture mène beaucoup d’efforts pour intégrer les femmes dans les filières café pour une relance et pour la croissance économique du Cameroun. Vous savez, les femmes ont toujours été mises à l’écart dans les cultures de rente, elles ont toujours été utilisées comme la main d’œuvre. Mais le ministre à travers le point focal genre milite vraiment pour que les femmes puissent intégrer les chaînes de valeur de la filière café pour pouvoir et booster non seulement la productivité et l’économie du Cameroun, mais aussi ameliorer les conditions de vie de la communauté. Voilà ce que le ministère fait à travers le projet de la relance de la filière café”.

Mme Mewabo Béatrice, réprentante Uccao dans la région du Centre

” Il faut la force de la jeunesse pour relancer la filière”

” Aujourd’hui, j’accuse la viellesse. La jeunessei ne veut pas prendre la relève. Les parents ne peuvent plus faire comme dans le temps. A l’époque ils avaient la force. C’est vrai, il y a eu la dévaluation, le coût du café a chuté, ce par quoi le café est passé. Mais aujourd’hui avec les efforts du Cicc, les efforts de l’Oncc, le Minader, tous sont derrière le café pour la reprise, mais la jeunesse continue de fuir. En dépit des formations lancées, on ne voit pas les jeunes surtout ici à l’Ouest. Au Centre, ça a pris. Si la jeunesse continue de fuir, cela va empirer la situation. “

Propos recueillis par L.D.N.

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