Par Ilyass Chirac Poumie
Dans une publication diffusée sur les médias sociaux, Akere Muna s’interroge sur le silence qui entoure la situation du président camerounais, parti pour ce que la présidence avait présenté comme un « court séjour privé en Europe ». Près de deux mois plus tard, Paul Biya n’est toujours pas réapparu publiquement.
« Une nation doit-elle être obligée de deviner où se trouve son président ? », écrit l’avocat. Pour lui, la question ne porte plus uniquement sur la personne du chef de l’État, mais sur le droit des Camerounais à recevoir une information claire sur l’exercice de la magistrature suprême.
Akere Muna affirme qu’à 93 ans, une maladie du président serait parfaitement compréhensible. En revanche, il juge incompréhensibles « le silence, le suspense et les spéculations » entretenus autour de son absence. Selon lui, « la vérité est peut-être inconfortable, mais elle est toujours libératrice. Dans ce cas, elle libérerait toute une nation de l’incertitude ».
Cette prise de position intervient alors que les interrogations se multiplient au Cameroun comme à l’étranger. Ces dernières semaines, plusieurs médias internationaux ont rapporté les inquiétudes de certains partenaires diplomatiques et financiers face au manque de visibilité sur le fonctionnement des centres de décision au sommet de l’État. Les médias sociaux sont également devenus le principal espace où s’expriment les spéculations autour de l’état de santé du président.
De son côté, la présidence de la République maintient que Paul Biya n’est ni hospitalisé ni empêché d’exercer ses fonctions, sans toutefois préciser la date de son retour au Cameroun.
Parti le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé en Europe », Paul Biya est absent du Cameroun depuis près de deux mois. Cette absence, l’une des plus longues de son mandat, alimente un vif débat politique et institutionnel. Si la Constitution ne fixe aucune durée maximale pour un séjour privé du chef de l’État à l’étranger, le manque de communication officielle continue de nourrir les interrogations dans les milieux politiques, diplomatiques et sur les médias sociaux.
