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Cameroun | Affaire des faux décrets | Jeune Afrique affirme qu’Oswald Baboke a déjà été entendu par le Tcs

Yaoundé – L'affaire des faux décrets présidentiels continue de susciter de nombreuses interrogations au Cameroun. Dans une nouvelle publication, le média Jeune Afrique affirme qu'Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence de la République, a déjà été entendu par le Tribunal criminel spécial (TCS) et qu'il doit de nouveau être auditionné ce mardi 7 juillet par la Direction de la sécurité présidentielle (DSP), dans le cadre de l'enquête sur la tentative de diffusion de faux décrets présidentiels à la Crtv.

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Par Joël Onana

Selon Jeune Afrique, les investigations sont conduites conjointement par le Secrétariat d’État à la Défense (SED) et la Direction de la sécurité présidentielle (DSP), sous la coordination du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. L’enquête porte sur les circonstances ayant conduit Johann Sitchom à se présenter, le 12 juin dernier, au siège de la Crtv avec deux faux décrets attribués au président Paul Biya : l’un annonçant la nomination d’un vice-président de la République, l’autre un remaniement ministériel.

Le média indique que Johann Sitchom, actuellement interrogé par les enquêteurs du Sed, a livré plusieurs versions des faits. Sa mère aurait expliqué aux enquêteurs que son fils souffrirait de troubles dépressifs et qu’il aurait été manipulé par un tiers qui lui aurait appris à récupérer un décret authentique afin d’en modifier le contenu à l’aide d’une application informatique.

Toutefois, les enquêteurs privilégieraient désormais une piste plus complexe qu’un acte isolé. D’après Jeune Afrique, des rapports transmis à la présidence évoqueraient l’hypothèse d’une tentative de « coup d’État institutionnel ». Le média affirme également que plusieurs témoins ayant côtoyé Johann Sitchom le jour des faits n’ont relevé aucun comportement laissant penser à une altération de ses facultés mentales.

L’un des éléments les plus sensibles du dossier concerne l’identité figurant sur le faux décret de nomination au poste de vice-président. Citant des sources proches de l’enquête, Jeune Afrique affirme que le document mentionnait en réalité le nom d’Oswald Baboke et non celui de Johann Sitchom, comme cela avait initialement été avancé.

Les proches du directeur adjoint du Cabinet civil dénoncent pour leur part un complot destiné à le compromettre dans un contexte marqué par les spéculations autour de la future vice-présidence de la République et de la succession du chef de l’État. Ils contestent également toute proximité entre Oswald Baboke et la famille de Johann Sitchom.

Le média rapporte par ailleurs que la visite de la mère de Johann Sitchom au domicile d’Oswald Baboke, quelques jours après l’arrestation de son fils, fait désormais partie des éléments examinés par les enquêteurs. Des photographies de cette visite auraient été versées au dossier, tandis que plusieurs protagonistes pourraient être de nouveau entendus.

Enfin, Jeune Afrique affirme qu’Oswald Baboke a déjà été auditionné ces derniers jours par le Tribunal criminel spécial et qu’une nouvelle audition est prévue ce mardi devant la Direction de la sécurité présidentielle.

À ce stade, les autorités camerounaises n’ont pas officiellement confirmé les informations publiées par Jeune Afrique concernant les auditions d’Oswald Baboke ni les conclusions provisoires de l’enquête. Les éléments rapportés reposent sur les informations et les sources citées par le média.

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