Par Joël Onana
L’écrivaine Calixthe Beyala, dans un message publié sur son mur Facebook, dénonce ce qu’elle décrit comme une invasion des valeurs au Cameroun et une dérive profonde du régime. Selon Calixthe Beyala, le pouvoir en place, renforcé par la fraude électorale qu’elle lui attribue, préparerait la libération d’Amougou Belinga, présenté par de nombreux acteurs comme impliqué dans l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.
Dans son texte, Calixthe Beyala affirme que le régime Biya se montre prêt à remettre en liberté un acteur clé des réseaux de prédation tout en maintenant en prison des intellectuels tels que Fogué, Abah Ayona ou Anicet, dont elle rappelle que le seul tort a été d’exprimer leurs idées. Calixthe Beyala dénonce un système qui, selon elle, commande, tue et emprisonne sans retenue, avec la certitude que le peuple camerounais laissera faire.
La romancière rejette également la version officielle selon laquelle Martin Savom serait le principal responsable du meurtre de Martinez Zogo. Calixthe Beyala estime que cette thèse ignore les témoignages déjà connus de gendarmes impliqués et occulte le rôle des proches d’Amougou Belinga, que l’écrivaine cite nommément dans son propos.
Dans son appel final, Calixthe Beyala invite le peuple camerounais à prendre conscience de son pouvoir et rappelle que, selon elle, c’est le peuple qui a le dernier mot.
Calixthe Beyala est une auteure camerounaise réputée pour ses prises de position tranchées sur la vie politique. L’affaire Martinez Zogo, journaliste enlevé puis retrouvé mort en janvier 2023, a suscité un vaste émoi national, entraînant l’arrestation de plusieurs personnalités dont l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga. Le débat public reste marqué par des interrogations persistantes autour de la chaîne de commandement et des responsabilités réelles dans ce meurtre. Plusieurs figures politiques et intellectuelles arrêtées ces dernières années sont toujours détenues, nourrissant les critiques de dérives autoritaires du régime de Paul Biya.
