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Cameroun | Affaire Martinez Zogo: L’absence de l’avocat de l’ancien directeur des opérations de la Dgre entraîne le renvoi de l’audience

En raison de l’absence de Me Jacques Mbuny, avocat du lieutenant-colonel Justin Danwe, qui a saisi officiellement le président du tribunal par écrit pour une remise de la cause pour voyage professionnel à l’étranger, ni le commissaire du gouvernement, Cerlin Belinga, ni même les avocats ne se sont opposés à cette demande, s’appuyant sur l’art. 417 du Code de procédure pénale (Cpp). La cause a finalement été renvoyée aux 1er et 2 juin 2026.

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Par Serge Aimé BIKOI

C’est une audience marathon à laquelle l’assistance a eu droit ce lundi. À peine entamée à 11h et 30mn, l’audience liée à l’affaire Martinez Zogo n’a duré qu’une fourchette de minutes. Et pour cause : Jacques Mbuny a, formellement, introduit une demande de remise de la cause dans l’affaire auprès du président du tribunal militaire de Yaoundé. Il s’agit, en effet, d’une demande de renvoi sollicitée par l’avocat du lieutenant-colonel, Justin Danwe en raison d’un voyage professionnel qui l’empêche d’être au Cameroun du 8 au 30 mai.

“Lorsqu’un avocat est empêché pour une cause ou pour une autre, il peut demander le renvoi et le tribunal est appelé à apprécier cette demande. Aujourd’hui, il est apparu que l’accusé Danwe est l’un des personnages centraux de cette affaire. Il a choisi un avocat, Me Mbuny, qui n’est pas au pays et en partant, il a commis cette demande de renvoi. Il était donc de bon ton, pour une meilleure compréhension du dossier, que le tribunal renvoyât la cause”,

explique Me Manyim, avocat des ayant-droits de Martinez Zogo.

À la question des journalistes de savoir, au sortir de l’audience, si ce renvoi n’entraîne pas, de facto, un ralentissement de la justice, Me Calvin Job, avocat des ayant-droits de Martinez Zogo, réagit illico presto :

“On ne peut pas évoquer un ralentissement de la justice parce qu’il y a un individu qui encourt la peine de mort au regard des infractions qui lui sont reprochées et qui va se retrouver seul dans une audience décisive, l’audience dans laquelle on doit discuter d’un rapport d’expertise décisif dans cette affaire, qui va se retrouver seul sans son avocat. Aucun avocat ne pouvait s’opposer à cela. Il en va que ce soit des principes de confraternité ou contradictoire, mais ce sont les droits de la défense”.

Quand il s’agit alors des droits de la défense, l’on ne peut évoquer le fait du ralentissement de la justice. C. Job insiste, en réalité, sur le fait qu’il faille être présent à un moment fatidique et l’avocat doit être là aux côtés de son client à ce moment fatidique de l’audience. La demande a été faite pour cause d’indisponibilité. “On l’accepte. Elle est admissible et compréhensible. Maintenant, le tribunal était libre d’accepter ou pas même si au regard du Code de procédure pénale, il est, quand-même, lié. Il(J. Mbuny) a fait sa demande et le tribunal a tranché”, conclut l’avocat des ayant-droits de M. Zogo.

De plus, la loi exige la présence de l’avocat lorsqu’un individu est poursuivi pour certaines infractions, en l’occurrence lorsque l’on encourt une peine d’emprisonnement à vie ou la peine de mort. “Donc en l’absence de Me Mbuny, aujourd’hui, il était, juridiquement, impossible d’ouvrir les débats”, indique Me Clément Ananga, avocat de Martin Savom, l’ancien maire de la commune de Bibey.

En rappel, trois ans après l’assassinat de l’ancien chef de chaîne de Amplitude Fm, Martinez Zogo, le procès devait entrer, ce lundi, 11 mai, dans une phase particulièrement importante devant le tribunal militaire de Yaoundé. Cette audience finalement renvoyée en début juin, devrait être consacrée aux explications de l’expert avec, au centre des débats, les données numériques extraites de l’environnement personnel du journaliste. Au cœur de l’audience : téléphones, ordinateurs et échanges téléphoniques passés au crible dans cette enquête tentaculaire. À la barre, Georges Bell Bitjoka, spécialiste en cybersécurité et protection des systèmes d’information. Il est appelé à livrer les conclusions des différentes expertises techniques réalisées dans le dossier. C’est notamment son travail d’analyse des appareils de Martinez Zogo qui aurait permis de faire émerger des pistes déterminantes et conduit à l’arrestation de plusieurs personnes, dont 17 mis en cause, parmi lesquels, l’ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre). Ses conclusions sont, singulièrement, attendues, dans ce dossier, où la lecture des données numériques pourrait rebattre les cartes. En face, la défense, qui avait obtenu, le 24 avril, un renvoi pour examiner les rapports d’expertise, est, aujourd’hui, confronté à un nouveau renvoi les 1er et 2 juins 2026.

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