Par Arlette Akoumou Nga
Réunis ce matin à la Cour d’appel, six accusés impliqués dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, dont Jean-Pierre Amougou Belinga et Martin Savom, espéraient être fixés sur le sort de leurs demandes de mise en liberté provisoire.
Contre toute attente, la juridiction a décidé de rabattre son délibéré, renvoyant l’examen de l’affaire au 16 avril 2026. Cette décision prolonge l’incertitude autour de ces requêtes individuelles, alors que les débats judiciaires restent particulièrement sensibles.
Selon plusieurs sources, cette procédure s’inscrit dans un contexte de fortes tensions en coulisses, où différents réseaux d’influence s’opposent sur la question d’une éventuelle libération provisoire de certains accusés.
Par ailleurs, une note confidentielle attribuée au Secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, aurait instruit le ministre de la Justice, Laurent Esso, de veiller à ce que le tribunal militaire poursuive l’examen de l’affaire au fond, sans accorder de mise en liberté provisoire.
L’affaire Martinez Zogo, du nom du journaliste camerounais assassiné en janvier 2023, demeure l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles du pays. Elle met en cause plusieurs personnalités influentes, dont des hommes d’affaires et des membres des services de sécurité.
Depuis l’ouverture de la procédure, les demandes de mise en liberté provisoire formulées par certains accusés alimentent de vives controverses, révélant des rivalités internes au sommet de l’État. Le traitement judiciaire de cette affaire est perçu comme un test majeur pour l’indépendance de la justice camerounaise.
