Par Joël Onana
Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le collectif des avocats des ayants droit de Martinez Zogo, mené par Me Calvin Job, affirme avoir appris « de manière fortuite » la tenue d’une audience devant la Cour d’appel du Centre à Yaoundé, consacrée à l’examen de l’appel formé par Jean Pierre Amougou Belinga contre le rejet de sa demande de mise en liberté. Selon Me Calvin Job, cette audience concerne également d’autres accusés dans le même dossier, actuellement pendante devant le Tribunal militaire.
Le collectif s’indigne de n’avoir reçu aucune notification de cette audience, alors même qu’il a formé un appel incident. Une situation que Me Calvin Job juge contraire aux règles essentielles de transparence de la procédure et aux droits de la défense garantis par la loi.
Les avocats rappellent que le code de procédure pénale impose des délais stricts et une information préalable à toutes les parties. Me Calvin Job cite notamment l’article 52, qui prévoit un délai minimal de citation avant toute comparution, ainsi que l’article 224, qui exclut toute mise en liberté pour les personnes poursuivies pour des crimes passibles de la réclusion à perpétuité ou de la peine de mort, comme c’est le cas dans cette affaire.
Selon le collectif, la tenue d’une audience non notifiée pourrait conduire à une décision rendue hors la présence des conseils des ayants droit, compromettant l’équilibre du débat contradictoire et portant un grave préjudice à la régularité de la procédure. Me Calvin Job appelle la Cour d’appel du Centre à rétablir la transparence, à garantir la notification préalable de toute audience et à veiller au strict respect des textes encadrant les mesures de liberté.
Pour Me Calvin Job, seule une justice impartiale, sereine et pleinement respectueuse du droit permettra d’assurer la crédibilité de l’institution judiciaire dans ce dossier d’une exceptionnelle gravité.
Jean Pierre Amougou Belinga, homme d’affaires et patron de presse, est poursuivi dans le cadre de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, enlevé puis tué en janvier 2023. L’affaire, instruite devant le Tribunal militaire de Yaoundé, implique plusieurs coaccusés et continue de susciter une vive attention au Cameroun et au-delà, en raison de la sensibilité du dossier et de la portée symbolique du crime. Les prises de position répétées de Me Calvin Job, conseil principal de la famille Zogo, visent à dénoncer toute tentative d’entorse aux règles procédurales et à maintenir la vigilance autour du procès.
