Par Serge Aimé BIKOI
Selon les informations publiées, ce mercredi, par Polycarpe Xavier Atangana, blogueur spécialiste des questions de droits humains, “Carlos Afana Mbida fait l’objet d’une enquête et est en garde à vue dans les geôles du Service central de recherches judiciaires (Scrj) du Secrétariat d’État à la défense (Sed)”. L’affaire remonte, indique-t-il, au 23 avril 2026, où le chroniqueur de la page Facebook officielle Minkana est poursuivi pour “hostilité contre la patrie” devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Bien de personnes s’interrogent sur le motif collé aujourd’hui à cet homme de média. L’on se souvient que C. Afana Mbida a publié, ces derniers mois, plusieurs chroniques sur l’affaire Martinez Zogo. D’aucuns soutiennent que le mis en cause avait pris fait et cause pour une personnalité publique ayant dirigé, par le passé, la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre), épinglée aujourd’hui dans l’affaire Martinez Zogo.
D’autres, a contrario, relaient que le prévenu avaient aussi dénigré la fonction de magistrat et la haute autorité administrative. Visiblement, les écrits de C. Afana Mbida ont heurté les autorités judiciaires compétentes au point où ils ont fait l’objet, soutiennent certaines sources, “d’une planification minutieuse”. Pour l’instant et en dehors de toute spéculation et de toute conjecture, personne ne sait quels sont les éléments informatifs qui sont retenus comme preuve matérielle attestant de ce que le prévenu est accusé d'”hostilité contre la patrie”. L’affaire a été renvoyée à ce jeudi, 30 avril 2026 au tribunal militaire de Yaoundé.
C’est depuis le 4 février 2026 que C. Afana Mbida est porté disparu. Quatre jours après sa disparition, sa famille est demeurée sans aucune information crédible permettant d’établir sa situation, voire sa localisation. Cette disparition est survenue dans un contexte de menaces antérieures formulées à son encontre en corrélation avec ses prises de position publiques sur l’affaire Martinez Zogo et, spécifiquement, sur ses analyses relatives à l’innocence de Léopold Maxime Eko Eko. À l’initiative de sa compagne, des personnes-ressources issues des services de renseignement avaient été saisies afin que les recherches soient activées pour retrouver Afana Mbida. C’est le 23 avril que sa famille a informé l’opinion publique nationale et internationale qu’il est placé en garde à vue dans les cellules du Service central de recherches judiciaires (Scrj) du Sed.
En rappel, le mot “Hostilité contre la patrie” au Cameroun est une infraction pénale (Article 102) souvent utilisée pour poursuivre des opposants politiques, activistes et manifestants, notamment ceux du Mrc (Mouvement pour la renaissance du Cameroun). Ces accusations, souvent jointes à des chefs d'”insurrection”, “rébellion” ou “sécession”, entraînent des procès devant des tribunaux militaires et de lourdes peines.
