Par Joseph OLINGA N.
Après deux ans d’ atermoiements, liés aux querelles procédurales, l’ouverture des débats sur l’affaire de l’assassinat du journaliste et animateurs Martinez Zogo pourrait bien refaire les opinions nourries sur les protagonistes interpellés et incarcérés et, éventuellement, d’autres acteurs probablement en liberté depuis le déclenchement de cette affaire. Au Tribunal militaire de Yaoundé, Alain Ekassi, témoin de l’accusation a disculpé l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga. Présenté par tous comme l’une des personnes les plus proches de Martinez Zogo dans les moments précédant son assassinat, Alain Ekassi a soutenu devant la Cour que le nommé Martin Savom serait l’assassin du chef de chaîne d’Amplitude Fm, Martinez Zogo.
Le coup de tonnerre provoqué par les affirmations de ce témoin pourtant acquis aux accusateurs de l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga a été plus amplifié par l’autre affirmation d’Alain Ekassi qui affirme que Martin Savom, personnage connu pour sa proximité avec certaines personnalités proches de la présidence de la République serait aussi l’assassin de Monseigneur Benoît Balla, évêque de Bafia, lui aussi assassiné dans des circonstances quasi similaires.
Les révélations du témoin de l’accusation, Alain Ekassi, interviennent dans un contexte de conditionnement de l’opinion. Dès les premières heures précédant la découverte de la dépouille mutilée de Martinez Zogo, des informations savamment distillées au sein de l’opinion ont désigné l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga, interdisant quasiment tous questionnements objectifs autour des différents mobiles et attisant la clameur populaire indexant l’homme d’affaires.
Dans la presse, des personnages particulièrement actifs continuent de taire toutes initiatives visant à élargir le champ des perceptions possibles sur les probables acteurs ainsi que les circonstances de l’assassinat sauvage de l’animateur de l’émission à forte audience diffusée sur de nombreuses autres radios de la capitale.
Entre dénonciations curieuses et interpellations spectaculaires de certains acteurs publiques, la disculpation de l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga par un témoin de l’accusation promet un dévoilement inattendu dans cette affaire qui, au fil des jours, laissent penser que des acteurs déterminants pourraient tirer les ficelles dans l’ombre pour que la manifestation de la vérité retarde.
Martinez Zogo comme Monseigneur Benoît Balla
Les affirmations du témoin de la défense, Alain Ekassi, devraient aussi permettre à l’Etat d’ouvrir le voile qui recouvre l’enquête ouverte “sans suite” sur l’assassinat de l’évêque de Bafia, Monseigneur Benoît Balla. Prêtre de l’église Catholique romaine dont l’assassinat a lui aussi été rapprochée de certains cercles proches du sommet de l’État.
In fine, les affirmations de l’un des témoins de l’accusation disculpant celui qui apparaît au fil des jours comme le coupable désigné peut laisser entrevoir des déballages plus surprenants. Une attente forte nourrie au sein de l’opinion par la promesse faite par l’ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre), le commissaire Maxime Eko qui entend dire d’autres vérités plus embarrassantes à la barre. Des vérités qui viendraient conforter les observateurs à l’idée que l’affaire de l’assassinat de Martinez Zogo n’est que le déclencheur d’un procès impliquant certains mandataires de l’Etat couverts par leurs appartenances à des cercles au coeur du sérail.
