Par Sandra Embollo
La blogueuse Aïcha Kamoise a livré sa version des faits concernant son arrestation survenue au moment où elle quittait le territoire camerounais. Selon ses déclarations, elle est poursuivie à la suite d’une plainte introduite par Steve Mbienou.
Aïcha Kamoise affirme que le plaignant l’accuse d’avoir porté atteinte à son image ainsi qu’à celle de sa chaîne de télévision sur YouTube, pour des faits qui ne lui ont pas encore été précisément notifiés.
Elle explique que la plainte viserait une vidéo publiée sur sa page Facebook, dans laquelle elle critiquait le choix de certains influenceurs recrutés pour les programmes de cette télévision. Dans cette intervention, elle recommandait, selon ses propos, le recrutement d’autres personnalités jugées plus influentes et plus percutantes, notamment Bovane et Chelsy Suzie.
La blogueuse soutient que ces recommandations ont ensuite été appliquées par Steven Mbienou, ce qui aurait permis à la chaîne d’accroître son audience. Elle dit enfin se déclarer surprise d’être interpellée aujourd’hui pour cette affaire.
Depuis plusieurs années, le Cameroun connaît une montée en puissance des médias numériques, des chaînes diffusées sur YouTube et des créateurs de contenus capables d’influencer fortement l’opinion publique. Cette transformation a fait émerger de nouveaux acteurs médiatiques, souvent engagés dans des rivalités d’audience, des polémiques publiques et des affrontements verbaux suivis massivement en ligne.
Les accusations de diffamation, d’atteinte à l’image ou de propagation de fausses informations se multiplient dans cet environnement où la frontière entre commentaire, satire, critique et injure reste fréquemment contestée. Plusieurs influenceurs, journalistes web et blogueurs ont déjà fait l’objet de convocations, de plaintes ou de procédures judiciaires liées à leurs publications.
L’interpellation d’Aïcha Kamoise intervient également dans un contexte où les autorités camerounaises sont régulièrement critiquées pour l’usage de procédures sécuritaires ou judiciaires contre des voix actives sur les réseaux sociaux. Cette affaire remet au centre du débat la question de la liberté d’expression, de la régulation des contenus numériques et des limites juridiques de la critique publique dans le pays.
