Par Julie Peh
En plus de cette condamnation capitale, le tribunal a infligé à l’accusé une amende de 500 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts, ainsi que 25 millions de francs CFA pour les dépens. Les faits remontent à une altercation entre l’accusé et le père de la victime, au domicile familial situé au quartier Ngoa-Ekelle à Yaoundé. Au cours de cet incident, le jeune Mathys avait été mortellement poignardé à plusieurs reprises.
Ce jugement, particulièrement rare dans le paysage judiciaire camerounais, pourrait marquer un tournant dans l’application des peines les plus sévères.
L’affaire Mathys Ouandji s’inscrit dans un contexte judiciaire singulier au Cameroun, où la peine de mort demeure inscrite dans l’arsenal légal sans être effectivement appliquée depuis près de trois décennies. La dernière exécution remonte à 1997, après quoi un moratoire de fait s’est progressivement installé.
Depuis lors, les condamnations à mort prononcées par les juridictions sont généralement commuées en peines d’emprisonnement à vie ou restent non exécutées. Cette situation place le Cameroun dans une position intermédiaire, entre maintien légal de la peine capitale et suspension de son application.
Le verdict rendu dans cette affaire relance ainsi les débats au sein de l’opinion publique et des milieux juridiques, notamment sur la nécessité de maintenir, réformer ou abolir définitivement cette sanction. Les organisations de défense des droits humains, de leur côté, continuent de plaider pour une abolition totale, invoquant les engagements internationaux du pays et les principes fondamentaux du droit à la vie.
Dans ce contexte, la condamnation de Dagobert Nwafo apparaît comme un signal fort, susceptible de raviver les discussions sur l’orientation future de la politique pénale camerounaise.
