Par Armand Soussia
L’axe Ngaoundéré–Meiganga est totalement bloqué depuis ce matin, conséquence d’un mouvement de colère des camionneurs. À l’origine de la tension, une gifle infligée par un gendarme à un conducteur de camion lors d’un contrôle jugé abusif. L’incident a immédiatement provoqué une réaction collective : les transporteurs ont exigé et obtenu la destruction du poste de contrôle, connu des automobilistes pour être l’un des foyers les plus emblématiques de la corruption routière.
Alors que la situation semblait revenir à la normale après le retrait forcé des gendarmes, les camionneurs ont durci leur position. Ils refusent désormais toute reprise du trafic sans la présence du ministre des Transports lui-même, qu’ils somment de quitter Yaoundé pour venir constater la situation sur le terrain.
Le blocage persiste et des files de véhicules se forment sur plusieurs kilomètres. Les camionneurs affirment qu’ils ne bougeront pas tant que le ministre ne se sera pas déplacé, estimant que seule sa présence permettra d’ouvrir un dialogue sérieux sur les rackets, les violences et les abus répétés aux points de contrôle.
L’axe Ngaoundéré–Meiganga est stratégique pour le transport de marchandises vers le Nord et l’Extrême-Nord. Les postes de contrôle installés sur cette route sont régulièrement dénoncés pour extorsion, lenteurs et violences envers les conducteurs. Le blocage actuel intervient dans un contexte de crispation sociale accrue et de critiques récurrentes contre les pratiques des forces de sécurité sur les routes camerounaises.
