Accueil » Cameroun | Candidat consensuel: Une opposition fragmentée en coalitions concurrentes à l’épreuve d’un accouchement difficile

Cameroun | Candidat consensuel: Une opposition fragmentée en coalitions concurrentes à l’épreuve d’un accouchement difficile

L’opposition camerounaise est organisée en plusieurs groupements souvent rivaux: « La Plateforme », réunissant des partis historiques comme le Mrc, le Pcrn, l’Udc ou l’Usdp, prône un choix consensuel.

by Panorama papers
0 comments

Par Ilyass Chirac Poumie

Le « Groupe de Douala », constitué d’indépendants ou dissidents, adopte une démarche plus radicale. Alors que le “Groupe de Foumban” essaye de combler les faille de ce derniers court contre la montre des délais légaux. L’une inclusive et institutionnelle, l’autre plus combative freinent toute convergence.

D’autres alliances, telles que l’Apc (Alliance politique pour le changement) ou l’Atp (Alliance pour une transition politique), créées en 2023–2024, ont rapidement explosé, emportées par des désaccords internes et des conflits de leadership.

Aspirations concurrentes des leaders

Plusieurs figures emblématiques de l’opposition ont officiellement déclaré leur candidature dès le départ:

Maurice Kamto (Mrc),

Cabral Libii (Pcrn),

Akere Muna (Univers),

Tomaïno Ndam Njoya (Udc),

Joshua Osih (Sdf), etc.

Chacun privilégie désormais ses ambitions personnelles, rendant la convergence difficile. Ceux-ci n’ont pas voulu renoncer à leur propre projet, comme le montre l’attitude de Kamto refusant de se retirer même pour favoriser une coalition.

Les blocages juridico-institutionnels, suivi de l’exclusions stratégiques de Maurice Kamto, considéré comme l’opposant le plus populaire, a été disqualifié par Elecam pour des motifs jugés « techniques », à savoir un soutien concurrent d’un autre candidat issu de son parti.

Son recours auprès du Conseil constitutionnel a été rejetté, stoppant ses chances de figurer dans la course. Cette exclusion a affaibli toute possibilité de construire une candidature unitaire autour de lui, réduisant les options de compromis.

Des réunions infructueuses

Des rencontres se sont tenues dans ce but, notamment à Foumban début août, avec une déclaration collective et la création de comités pour élaborer un programme commun.

Ensuite, un conclave à Yaoundé, surnommé Groupe de Foumban, s’est achevé le 10 août sans désignation d’un candidat unique. Malgré des accords organisationnels, les principaux leaders comme Joshua Osih, Cabral Libii ou Bello Bouba Maigari n’ont pas pris part à ces discussions.

Divisions internes Multiples coalitions concurrentes avec visées différentes. Ambitions individuelles, accentuée par l’infiltration du Rdpc, parti au pouvoir depuis 43 ans! Chaque leader défend son projet politique, sans volonté de se désister. Des blocages institutionnels, avec en prime, l’exclusion de figures majeures comme Kamto, limite la convergence possible. L’échec des rassemblements lors des réunions de consolidation qui n’ont jamais abouti à un accord collectif.

Au 13 août 2025, l’opposition camerounaise peine à trouver un candidat consensuel. Le paysage politique est marqué par des ambitions personnelles, des coalitions impuissantes, des blocages juridiques et des tentatives de convergence qui restent vaines. Tant que ces obstacles ne seront pas résolus, l’unité de l’opposition demeure une chimère.

You may also like

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest

0 Commentaires
Need Help? Chat with us
Panorama Papers
Support online
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x