Avec Saint-Eloi Bidoung
Dans son parti, la rébellion se forme, se formalise. Elle est pilotée par sa famille nucléaire au sein du Parti, les coups portés même en dessous de la ceinture sont admis. Entre hématomes visibles et traumatisme psychologique, l’essentiel est de mettre le vieil homme « KO ». Le « coup d’Etat politique » est en marche et se précise. Des putschistes constitués en « Comité central » plus connu sous le nom de « légion Nkuété » a sauté sur le Rdpc et s’est emparé du parti. Ils en ont fait Rdpc une poudrière qui devrait royalement conduire à une implosion.
Le Président-fondateur a été dépouillé de ses pouvoirs à la tête du parti ; il n’ose plus évoquer un projet de congrès, de peur d’être arrêté en plein travaux, jeté en prison ou alors envoyé au village manu-militari ».
Dans le doute, s’abstenir » dit-on souvent, le Président-fondateur est dans le doute et s’abstient de parler publiquement du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Bien que celui-ci n’ayant plus rien d’un rassemblement. Il est devenu une jungle impitoyable où l’on se dévore mutuellement à la première occasion. Celui-ci n’ayant plus rien de démocratique ; la démocratie ayant été bombardé par un missile appelé « Investitures » programmé en pilotage automatique à guidage de précision et muni d’une ogive tête chercheuse.
Au Rdpc, quand on ne pratique pas la fraude contre les partis d’opposition, on le fait violement en interne. Le « procédé des investitures » imposé par les putschistes du « Comité central » a fini par dépouiller le parti de l’idée originelle de démocratie interne qu’avait le Président-fondateur. Son parti n’est plus un « Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) mais s’apparente plus à un « rassemblement de pilleurs de caisses (rdpc) » mieux ; à un « rassemblement de danseurs professionnels du cameroun (rdpc) ».
Lors de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Ces derniers ne lui ont fourni ce score inédit sur le plan national. Scores spectaculairement rabougris dans ses bastions à travers la République, C’était vraiment amer.
Le « coup d’Etat Economique et Tribal »
Cela pourrait s’intituler « le casse du siècle » comme dans le célèbre film. Une meute de braqueurs logés à Etoudi, a donné l’assaut sur le Cameroun. Ils ont fait main basse sur tout : le Pétrole, l’or, l’argent, sur tout ce qui brillait. Allant même puiser dans les profondeurs pour dérober, ce qui était caché au grand public des pauvres et misérables citoyens. Aujourd’hui mènent un combat sans merci et sans économie d’énergie contre le Premier Ministre et le Ministre des Finance pour mettre dans leur escarcelle les Ports de Kribi et de Douala. Bref mettre en marche la machine de pillage de l’économie du pays ; et au pas, le Gouvernement. Tout est parti entre leurs mains : les sociétés d’Etat, les marchés publics fictifs, les surfacturations odieuses et honteuses, les actes révoltants de népotisme et des gentillesses encore plus meurtrières contre celui qui était arrivé au pouvoir avec pour ordonnance « Rigueur et moralisation ».
Celui qui avait fait l’objet d’un ouvrage (aujourd’hui sinon introuvable, du moins illisible) qui avait pour titre « Paul Biya, l’incarnation de la rigueur », une inspiration fortement flatteuse de l’une de ses créatures, une de ses créatures parmi celles qui le trahissent et veulent le jeter à la mer. Ce Paul Biya découvre, depuis une dizaine d’années, que le Cameroun c’est la mer à boire. Mieux encore, le Cameroun c’est l’amer à avaler. Pauvre Paul Biya !
Le « coup d’Etat judiciaire »
Voici la prison de Paul Biya. Et dans des conditions carcérales les plus dures. Pour avoir seulement confié la Justice à une de ses créatures, Paul Biya se retrouve devant une cour composée des magistrats parmi les plus corrompus depuis l’indépendance. Il ne tient plus la barre du pays. Il ne tient plus la barre des cours et tribunaux. C’est lui qui est devant la barre pour avoir fait de la Justice camerounaise une injustice exécrable qui condamne à tort et relaxe de travers. Un calice amer que beaucoup veulent lui faire goûter un jour s’il ne prend pas le large plus tôt. Comme dirait Clément Atangana, c’est inacceptable, intolérable, condamnable, irrecevable.
Le « coup d’Etat politique »
Il ne voulait plus se présenter devant le peuple pour solliciter ce dernier mandat obtenu in- extremis. Parce qu’il s’est que ce n’est pas lui qui dirige le pays depuis dix ans, il avait souhaité être franc avec lui-même et avec le peuple camerounais. Mal lui en a pris ! Ceux qui détiennent le pouvoir, disons bien ceux qui détiennent le vrai pouvoir et qui, dans leur lâcheté et leur forfaiture, se cachent derrière lui pour continuer leur trahison et leur sournoiserie sur son dos et contre le peuple camerounais ; l’ont contraint à se porter candidat. Ils se sont occupés de tout sur le terrain et dans les urnes le jour du scrutin. Rien ne prouve qu’ils n’ont pas contribué aux commandes en Chine (ou en Inde, je ne sais) des énergisants les plus puissants afin qu’il puisse tenir debout pendant sa brève campagne à Maroua ; et pour qu’il puisse aller mettre son bulletin dans l’urne dans son bureau de vote. C’était pour leurs propres intérêts mafieux et fallacieux, des intérêts honteux et malheureux sous toutes les coutures pour continuer de nous gouverner par procuration derrière les rideaux pendant Sept ans encore. Et voici qu’ils l’abandonnent dans cette mer agitée, attendant au port qu’il se sombre et se noie dans l’Affaire du Port Autonome de Douala (Pad).
Le vieil homme a beaucoup de regret quand on lui rappelle que c’est lui qui avait conféré une « délégation permanente de signature » à son beau-frère. Mais s’en rappelle-t-il ? Etait-il lucide en signant ? Avait-il déjà pris ses médicaments ce matin-là ? Qui a pu vérifier l’authenticité de la signature au bas du document qui produisait des « Sur très hautes instructions du Président de la République » si amères à avaler pour les membres du Gouvernement? Nous ne posons que des questions car nous n’y étions pas.
Le vieil homme ne peut pas le dire. Il a été jeté à la mer ou bondent et abondent les requins prêts à n’en faire qu’une bouchée. Paul Biya et son peuple en voyage au pays de si je savais, mais c’est trop tard. Qui pourra les sauver ? Et çà, dans un avenir prochain,proche mais certain, ça va se savoir.
