Par Joël Onana
Une nouvelle vague de coupures d’électricité a plongé ce jour de nombreuses villes et quartiers du Cameroun dans l’obscurité totale. À Foumban, la ville entière a été signalée dans les ténèbres, tandis qu’à Yaoundé, le quartier Nkoabang est resté sans courant. À Douala, plusieurs quartiers ont été touchés, notamment Village, Bonamatoumbe, Japoma Ngwang Bakoko, Logbessou, Bonaberi, Yassa, Nkolbong, Logbaba, Ange Raphaël, Ndogpassi, Espoir, Ndobo, Ndokoti et Bepanda Tonnerre.
À Foumbot, le quartier Ngogoua serait privé d’électricité depuis près de deux mois, selon des habitants. À Mbanga, la situation a dégénéré en incident sécuritaire lorsqu’un policier a interpellé un conducteur de moto et lui a exigé la somme de 2 000 francs Cfa, présentée comme « la bière du chef ». Le mototaximan, expliquant son impossibilité de travailler en raison de l’absence prolongée d’électricité dans la ville, aurait été entraîné par le policier dans un coin sombre où il a été retenu contre son gré.
Alertées par cette situation, les populations sont rapidement descendues sur les lieux, encerclant le policier et sa victime. Acculé, l’homme en tenue aurait menacé d’ouvrir le feu. Des négociations étaient en cours au moment des faits.
La gravité de la crise a été symboliquement illustrée par l’atterrissage à Douala d’un avion en provenance d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur un aéroport plongé dans les ténèbres faute d’électricité. L’aéroport international de Douala, pourtant vitrine du pays, était lui aussi affecté par la panne.
Pour de nombreux habitants, ces coupures ne constituent plus un événement exceptionnel, mais un fait banal du quotidien. Depuis de nombreuses années, les populations vivent au rythme des délestages, sans calendrier fiable ni solutions durables, accentuant la colère, la précarité et le sentiment d’abandon.
Le Cameroun fait face depuis plus d’une décennie à une crise structurelle de l’approvisionnement en électricité, marquée par des infrastructures vieillissantes, une gestion contestée du secteur énergétique et une demande en constante augmentation. Les coupures répétées affectent durablement la vie quotidienne, l’activité économique et la sécurité, en particulier dans les grandes agglomérations. Cette situation chronique est devenue un facteur majeur de tensions sociales et de défiance envers les services publics, dans un contexte général de dégradation des conditions de vie.
