Par Hajer Elina
Chantal Roger Tulé affirme que la guerre dans les régions anglophones du Cameroun dure depuis dix ans sans raison valable, entraînant la mort de nombreux citoyens, aussi bien parmi les populations civiles que parmi les jeunes soldats des forces de défense.
Selon lui, les revendications des anglophones sont claires et anciennes, notamment la transparence sur la gestion des ressources pétrolières et un véritable partage du pouvoir. Il rappelle que les accords politiques issus de Foumban prévoyaient un équilibre qui, à ses yeux, n’a jamais été respecté.
Chantal Roger Tulé déplore l’absence quasi totale des anglophones dans les postes stratégiques de l’État. Il cite notamment l’inexistence de ministres d’État issus des régions anglophones, l’absence de portefeuilles clés comme les Finances, la Défense ou la Sûreté nationale, ainsi que le manque de responsabilités réelles confiées à leurs représentants au sein du gouvernement.
Il critique également la gestion de la décentralisation, estimant que même lorsqu’un ministère y est associé, celui-ci est vidé de sa substance ou confié à des responsables francophones, ce qui, selon lui, vide le concept de son sens.
Le leader politique s’interroge enfin sur la destination des revenus pétroliers et sur les raisons pour lesquelles certains acteurs semblent s’accommoder de la poursuite du conflit, laissant entendre que la guerre profite à des intérêts financiers.
Se présentant comme président d’un parti politique et acteur engagé pour l’avenir du pays, Chantal Roger Tulé affirme assumer pleinement ses propos et annonce qu’il continuera à s’exprimer sur ces questions.
Le conflit dans les régions anglophones du Cameroun a éclaté en 2016 et s’est transformé en crise armée, faisant des milliers de victimes et provoquant d’importants déplacements de populations. Malgré des tentatives de dialogue et des promesses de réformes institutionnelles, les critiques sur le partage du pouvoir, la gestion des ressources et la représentation politique des anglophones persistent au sein de l’opposition et de la société civile.
