Par Serge Aimé BIKOI
Pour la cinquantaine de signataires au rang desquels figurent, entre autres, Me Alice Nkom, Makini Tchameni épouse Djeukam Tchameni, Mariane Simon Ekane, Henriette Ekwe, “la violence d’État n’est pas la réponse aux problèmes du Cameroun”.
“Ne laissons pas le pouvoir Rdpc banaliser l’usage de la violence à travers des tueries et des emprisonnements à l’occasion des protestations pacifiques !”
C’est ainsi qu’est intitulée la pétition de ce collectif citoyen. Les signataires demandent aux démocrates, aux militants des partis politiques, aux femmes et aux hommes chargés de défendre le droit au Cameroun, aux organisations humanitaires, aux autorités religieuses, ainsi qu’aux intellectuels de les rejoindre pour la constitution du Comité citoyen pour la défense et l’assistance des prisonniers politiques. Ce collectif citoyen est né suite aux incidences de la répression post-électorale. En effet, à la suite de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, au cours de laquelle la vigilance des électeurs, lors du comptage des voix dans les bureaux de vote, a permis d’établir, indique le collectif, la victoire d’Issa Tchiroma Bakary, et suite à la proclamation de la victoire de Paul Biya par le conseil constitutionnel, il y a eu des conséquences observées dans l’ensemble des régions camerounaises.
“Le bilan fait état de 48 tués et de plus 2.000 détenus parmi lesquels des mineurs et des femmes enceintes et depuis le 1er décembre 2025, le collectif affirme être sous le coup de la nouvelle de la mort d’Anicet Ekane, décès survenu lors de sa détention au Secrétariat d’État à la défense (Sed)”.
Partant de ce drame, le Comité citoyen pour la défense et l’assistance des prisonniers politiques relève que la situation post-électorale, marquée par l’extrême violence du pouvoir de Yaoundé impose un récapitulatif des plus récents événements au Cameroun. En 2008, ce mouvement indique que près d’une centaine de jeunes qui étaient descendus dans les rues pour exprimer leur mécontentement avaient été tués et de nombreux autres retrouvés en prison. Depuis 2016, ce collectif rappelle que le Cameroun est endeuillé par la crise sécuritaire qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Des populations civiles tombent, tout autant que des éléments des forces de défense et de sécurité et des combattants séparatistes. D’autres manifestants croupissent dans les milieux carcéraux. Référence faite à Sisiku Julius Ayuk Tabe, leader de la République fantôme de l’Ambazonie.
De plus, le Cocidap relève qu’à la suite de l’élection présidentielle 2018, des militants du Mrc, principalement, et d’autres activistes ayant protesté contre les résultats du scrutin se sont retrouvés en prison. Une vingtaine d’entre eux viennent d’être libérés après cinq années de détention et d’autres comme Alain Fogue, ancien trésorier national du Mrc, Pascal Zamboue, coordonnateur régional du parti dans le Littoral, Olivier Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto, Mispa Awasum, présidente nationale des femmes du parti y sont encore. Le leader national du Mrc, M. Kamto, des anciens alliés du parti dont certains sont décédés (Christian Penda Ekoka, Paul Eric Kingue) et près de 500 militants avaient été arrêtés et écroués dans les prisons centrale et principale de Yaoundé durant près d’un an avant la décision du chef de l’État du Cameroun d’arrêter les poursuites judiciaires.
