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Cameroun | L’inquiétante montée des replis identitaires exacerbés

Plusieurs centaines de fils et filles sawa ont participé le 05 juin 2026 à Deido, à une marche pacifique visant à réaffirmer leur attachement à la préservation du patrimoine foncier, culturel et identitaire des communautés autochtones du Wouri. Cette mobilisation, est intervenue dans un contexte marqué par la controverse autour d’un projet, de création d’une chefferie de 03ème dégré au quartier Grand Moulin, suite à la protestation notamment de l’Association des Chefs traditionnels du Wouri.

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Par Eric Boniface Tchouakeu

Au cours de la manifestation qui a bénéficié de l’onction des autorités, une banderole sur laquelle il était notamment écrit : « Le Littoral aux Littoraliens », a attiré l’attention, et ne cesse de susciter depuis de nombreux commentaires au sein de l’opinion.
Il convient de relever que certains porte-voix informels des populations autochtones du Département du Wouri, dont la ville de Douala est le Chef-lieu, ne cessent de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une certaine prédation de leurs terres ancestrales, notamment par des Camerounais ressortissants de l’Ouest, précisément des Bamileke, nombreux à s’être installés dans la capitale économique du Cameroun, avec les complicités des autorités administratives locales.

Les mêmes porte-paroles officieux revendiquent aussi souvent que seuls les ressortissants du Littoral briguent dans leur région, des postes électifs au sein des institutions accessibles uniquement par cette voie, à l’occasion des différentes élections. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.
Les plaintes de certains membres du peuple sawa ne sont pas isolées relativement aux revendications à caractère communautariste au Cameroun.

On déjà par exemple eu à enregistrer des mémorandums, posant notamment les problèmes de sous-développements, et de représentativité des leurs dans les hautes sphères de l’Etat, émanant du Grand Nord, de la région de l’Est, ou encore du Département du Mbam et Inoubou.

On n’oublie bien évidemment pas l’épineuse question du sentiment de marginalisation dont s’estiment être victimes, de nombreux ressortissants de l’ancien territoire du Cameroun, alors placé sous administration britannique ; situation qui a débouché sur la crise anglophone, puis une insurrection séparatiste en cours depuis une dizaine d’années dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Il convient également de relever les revendications de la restauration telles qu’elles avaient existé avant l’indépendance du Cameroun, des régions de la Sanaga Maritime et Bamoun, émanant d’une partie des peuples de ces zones.

D’autres évoquent aussi l’existence d’un problème « Bamileké », qui daterait depuis l’époque de la présence française au Cameroun.
Les problèmes de gouvernance, le mal être d’une bonne partie des Camerounais, ajouté aux politiques de gestion foncières souvent contestées par les populations, expliquent en partie selon certains analystes, les problèmes que nous venons de mentionner.
Ces problèmes persistants, crées et structurés pour certains par des colons durant leur présence au Cameroun, sont parfois à l’origine des actes de xénophophie enregistrés de temps en temps par endroit, de la montée des discours de haine dans l’espace public ainsi que et du tribalisme entre autres.

Les Camerounais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, des différentes ethnies et religions, qui n’ont pas choisi leurs origines, sont condamnés de par l’histoire et la géographie à vivre dans le même pays.

Chacun se doit d’en prendre conscience, même si on peut envisager
un dialogue intercommunautaire permanent pour consolider le vivre ensemble entre citoyens.

Consciente de certains germes artificiels de la division semés par les colons, l’Union des Populations du Cameroun (UPC), le parti historique, appelait déjà il y a longtemps, à la réconciliation nationale, parmi ces revendications.
Aujourd’hui, cette position de l’Upc est encore d’actualité, en plus de l’éducation continue des masses.

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