Par Serge Aimé BIKOI
Dans une lettre ouverte adressée au chef du gouvernement ces derniers jours, les responsables du Corec demandent, de toute urgence, l’intervention de Chief Joseph Dion Ngute en qualité de garant de l’État de droit, du respect de la justice et de ses procédures, ainsi que l’indique la Constitution camerounaise.
Le Collectif des organisations des enseignants du Cameroun (Corec) exprime son ras-le-bol et rompt toute participation au dialogue avec le comité interministériel dans l’attente que la libération de Roland Assoah Etoga et Florence Aimée Titcho détenus illégalement soit effective et en attendant qu’elle le soit, le Corec mettra en œuvre toutes les procédures légales et syndicales idoines pour parvenir à cette fin.
Le Corec note que depuis le 24 octobre, deux syndicalistes relevant des corps de l’éducation nationale, Roland Assoah Etoga, secrétaire à la coordination du Corec, et Florence Aimée Titcho, secrétaire nationale en charge des affaires économiques du Syndicat national autonome de l’enseignement secondaire (Snaes), sont arrêtés et détenus en violation des règles de procédure et lois de la République en matière d’interpellation, de garde à vue et de déferrement. Le Corec relève que les circonstances dans lesquelles ces deux syndicalistes ont été enlevés et embarqués par des hommes cagoulés ayant usé de la menace et de la force pour accomplir leur “sale besogne” ont laissé les enseignants pantois et médusés. “Le cas le plus inadmissible, indique le Corec, est celui de R. Assoah Etoga, porte-parole de ce mouvement, kidnappé dans son domicile au milieu de la nuit du vendredi, 24 au samedi, 25 octobre vers une destination que ses ravisseurs ont gardée mystérieuse pour les familles biologique et syndicale pendant plus de 72 heures. Il aura fallu écumer toutes les unités de sécurité des villes de Yaoundé et de Douala pour parvenir à avoir des informations le 28 octobre sur les lieux de détention de ces responsables syndicaux”.
Le Corec nous renseigne que R. Assoah Etoga est, aujourd’hui, en garde à vue dans un poste de gendarmerie non loin de la poste centrale de Yaoundé alors que F.A. Titcho a été déférée le 29 octobre à la prison centrale de Douala à New-Bell après quatre jours passés à la brigade de gendarmerie de Besseke. Le Corec ajoute que les visites de leurs camarades syndicalistes aux deux détenus témoignent des conditions indécentes, insalubres et humainement inacceptables dans lesquelles les deux enseignants sont en détention. De plus, aucune notification n’a, jusqu’ici, été faite relativement aux griefs et charges retenus contre eux. Le Corec s’insurge donc contre “ces exactions inqualifiables et refusera d’avaliser les motifs fantaisistes que le gouvernement entend utiliser pour justifier, a posteriori, ces attestations abusives de la force publique pour brimer et annihiler les syndicalistes.
