Par Hajer Elina
La Légion de Gendarmerie du Centre a adressé une correspondance au Directeur de l’Hôpital central de Yaoundé sollicitant une exonération des frais de morgue à la suite du décès de Djombe A We Pildash, interpellé dans la capitale.
Selon le document officiel, deux individus ont été interpellés le 26 octobre 2025 vers 17 h 20 lors d’une patrouille à Nsam et Ahala. Ils portaient des tricots à caractère politique estampillés « Tchiroma 2025 », avec les mentions « Tchiroma 2025, le peuple au pouvoir » et « We are the people ». Les personnes interpellées étaient Djombe A We Pildash et Guedjo Dayid.
Le 29 octobre 2025, alors qu’il se trouvait en chambre de sûreté au poste de gendarmerie de la Poste centrale, Djombe A We Pildash aurait été victime, selon la version officielle, d’un malaise épileptique. Il a été conduit aux urgences de l’Hôpital central de Yaoundé vers 20 heures, où il est décédé aux environs de 21 heures. Sa famille a sollicité une exonération des frais de morgue en vue d’une mise en bière imminente, demande formalisée par la Légion du Centre.
Cependant, ce décès survient dans un contexte de crise postélectorale marqué par de fortes tensions politiques. Des proches de la victime et des sources concordantes contestent la version officielle et affirment que Djombe A We Pildash aurait été violemment maltraité en détention. Ils accusent directement le commandant de la Légion du Centre et dénoncent une tentative de dissimulation des circonstances réelles de la mort à travers une communication administrative jugée mensongère.
Ces accusations renforcent les soupçons autour d’un décès survenu alors que la victime se trouvait sous la responsabilité directe des forces de sécurité, et relancent le débat sur les violences présumées commises dans le contexte postélectoral.
Depuis la proclamation contestée des résultats de l’élection présidentielle de 2025, le Cameroun traverse une crise postélectorale caractérisée par des arrestations ciblées, des détentions controversées et des allégations récurrentes de violations des droits humains. Plusieurs organisations et acteurs de la société civile appellent à des enquêtes indépendantes sur les décès survenus en détention afin d’établir les responsabilités et de lutter contre l’impunité.
