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Cameroun | Déchéance: Venant Mboua accuse J. Rémy Ngono de défendre un clan dans le scandale de l’or

Le journaliste Venant Mboua s’en prend à J. Rémy Ngono, dont les récentes prises de position dans le scandale de l’or camerounais sont perçues par une partie de l’opinion comme un revirement spectaculaire. Selon lui, le journaliste en exil n’aurait pas « retourné sa veste » : il défendrait simplement les intérêts d’un cercle auquel il est resté fidèle.

by world top news
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Par Sandra Embollo

«S’il vous plaît, arrêtez de dire que J. Rémy Ngono a retourné sa veste. Il ne trahit aucune lutte. Rémy Ngono est un Eglizien, loyal, dévoué, voire soumis à son prophète. Sa posture actuelle est celle d’un fidèle averti qui voit le danger à la porte de son église : sans l’or de Dimako, l’Eglizz du sommeil n’est rien », écrit Venant Mboua dans une publication au ton particulièrement corrosif.

Derrière cette charge se trouve l’évolution du discours de J. Rémy Ngono autour d’Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence de la République. Des séquences largement relayées en ligne présentent le journaliste comme prenant la défense de ce haut responsable, alors que son nom est cité dans les controverses entourant l’exploitation et l’exportation clandestines de l’or camerounais. Ces contenus relèvent toutefois de prises de position médiatiques et ne constituent pas des preuves judiciaires de l’implication des personnes visées.

La polémique intervient alors que le secteur aurifère camerounais traverse l’une des crises de transparence les plus graves de son histoire. Des données tirées du rapport 2023 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives ont mis en évidence un écart gigantesque entre la production et les exportations officiellement enregistrées. Selon plusieurs analyses de ce document, près de quinze tonnes d’or auraient échappé aux circuits déclarés, tandis que seulement 22,3 kilogrammes avaient été officiellement exportés vers les Émirats arabes unis.

Les pertes fiscales potentielles liées à ces exportations clandestines sont estimées à environ 165 milliards de francs CFA. L’or quitterait notamment le territoire par voie aérienne, à bord de vols commerciaux ou d’avions privés, avant de rejoindre des places internationales de négoce comme Dubaï.

Face à l’ampleur des soupçons, Paul Biya a ordonné en mars 2026 la création d’une commission mixte chargée d’identifier les acteurs impliqués dans l’exploitation, la circulation et la commercialisation illégales du métal précieux. La décision, transmise par le secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh, demande également d’établir les responsabilités au sein des administrations et des réseaux privés concernés.

Le ministère des Mines a parallèlement lancé une restructuration de l’exploitation artisanale semi-mécanisée et annoncé l’arrêt de plusieurs opérations illégales dans la région de l’Est, principal bassin aurifère du Cameroun. Ces mesures officielles confirment l’existence d’un système minier profondément désorganisé, dans lequel une part considérable de la production nationale échappe au contrôle de l’État.

Dimako, localité située dans la région de l’Est, est désormais utilisée dans les controverses publiques comme le symbole de cette économie souterraine. Mais aucune décision judiciaire rendue publique n’établit, à ce stade, l’existence du « pacte » ou de la dépendance financière évoqués par Venant Mboua. Sa formule sur « l’Eglizz du sommeil » relève d’une attaque politique et médiatique dirigée contre un réseau religieux et relationnel qu’il associe à certains acteurs du pouvoir.

La sortie de Venant Mboua révèle surtout la fracture qui traverse désormais le journalisme camerounais autour de cette affaire. D’un côté, ceux qui réclament que tous les noms cités soient examinés sans protection politique ; de l’autre, ceux qui dénoncent une campagne de rumeurs et refusent que des responsables soient déclarés coupables avant la conclusion des enquêtes.

Dans ce dossier où des tonnes d’or ont quitté les circuits officiels, la question centrale demeure donc entière : qui extrait, qui transporte, qui protège et qui profite de l’or camerounais ? Tant que la commission d’enquête n’aura pas rendu ses conclusions et que la justice n’aura pas établi les responsabilités individuelles, le débat restera dominé par les règlements de comptes, les fidélités personnelles et les accusations diffusées sur les médias sociaux.

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