Par Ilyass Chirac Poumie
À Lombo, dans l’arrondissement de Bibemi, la barbarie a frappé en plein jour. Quatre enfants ont échappé de justesse à un enlèvement. Enragés, les criminels ont ouvert le feu sur les maisons, blessant grièvement quatre habitants, dont un enfant mortellement touché. Pendant des heures, les tirs ont retenti, sans qu’aucun soldat ne vienne protéger les populations. Un silence militaire qui résonne comme une complicité.
Quelques heures plus tôt, ces mêmes assassins avaient semé l’horreur à Mayo-Barka : une femme abattue, son corps mutilé, ses parties intimes arrachées. Une sauvagerie indicible, dans l’indifférence totale des autorités.
Et comme pour insulter la mémoire des victimes, Bibemi s’illuminait de danses et de tambours. Le ministre de l’Agriculture Mbairone Gabriel, accompagné du chef de la délégation permanente départementale du RDPC pour la Bénoué, battait campagne pour Paul Biya, sous les applaudissements officiels. Pendant que le sang coulait, le régime fêtait sa survie politique.
Deux Cameroun s’entrechoquent : celui des innocents abandonnés aux criminels, et celui d’un pouvoir obsédé par la réélection éternelle de son chef.
