Par Joël Onana
La mobilisation de plusieurs centaines de femmes contre les violences sexuelles faites aux enfants a connu un tournant tendu à Yaoundé avec l’interpellation de plusieurs participantes par les forces de sécurité.
Les femmes manifestaient pour exiger que toute la lumière soit faite sur l’affaire Joyce Nawal, une fillette de trois ans au cœur d’une enquête pour viol présumé qui a provoqué une vague d’indignation à travers le pays. Depuis plusieurs jours, des rassemblements sont organisés dans la capitale et dans d’autres villes afin de réclamer justice et une meilleure protection des enfants.
Selon plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux, les personnes interpellées ont été arrêtées lors d’une manifestation pacifique. Les autorités leur reprochent des troubles à l’ordre public. Des images largement partagées montrent notamment une responsable des forces de l’ordre procédant à des interpellations, alimentant les critiques de nombreux internautes qui dénoncent la répression d’un mouvement porté majoritairement par des femmes.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de forte émotion au Cameroun, où plusieurs affaires récentes de violences sexuelles visant des mineurs ont suscité l’indignation de l’opinion publique. Les manifestantes réclament des enquêtes transparentes, des poursuites judiciaires rapides et un renforcement des mécanismes de protection des enfants.
L’affaire Joyce Nawal concerne une fillette de trois ans dont la famille affirme qu’elle a subi des violences sexuelles alors qu’elle fréquentait un établissement scolaire d’Odza, à Yaoundé. L’affaire a déclenché d’importantes manifestations citoyennes et poussé les autorités administratives et gouvernementales à annoncer l’ouverture d’enquêtes judiciaires et administratives.
