Par Zobel A Mbon
Réunies à Douala pour la 7ᵉ édition du Forum Plafoscil, Osc et Collectivités Territoriales Décentralisées ont acté des mécanismes concrets pour transformer leur collaboration en levier de lutte contre la pauvreté, sous l’égide du gouverneur de la région et avec l’appui de la Giz.
Bien qu’elle multiplie les initiatives pour se redynamiser, la région du Littoral demeure confrontée à plusieurs obstacles qui pèsent sur la qualité de vie de ses habitants.
La pression démographique
Douala, capitale économique, attire chaque année des milliers de personnes venues des zones rurales et des autres régions. Cette croissance rapide sature les infrastructures de base : écoles, hôpitaux, réseaux d’eau et d’électricité, transports. La demande de logements explose, favorisant l’habitat précaire et les quartiers informels. Le marché de l’emploi formel n’absorbe pas tous les nouveaux arrivants, ce qui nourrit le chômage des jeunes et l’économie informelle. Les collectivités territoriales décentralisées peinent à planifier l’urbanisation et à financer les services publics à la hauteur des besoins.
. Les exclusions sociales
Une partie de la population reste en marge des services essentiels. Il s’agit des femmes cheffes de ménages sans revenus stables, des jeunes déscolarisés, des personnes vivant avec un handicap, des déplacés internes et des communautés vivant dans les zones enclavées ou les bidonvilles. L’accès à la santé, à l’éducation de qualité, à la formation professionnelle et au crédit reste inégal. Cette exclusion alimente la pauvreté intergénérationnelle et fragilise la cohésion sociale.
. Les disparités territoriales
Le développement reste très concentré autour de Douala et de l’axe Douala-Edéa. Les départements du Moungo, du Nkam et de la Sanaga-Maritime accusent un retard en routes, électrification rurale, centres de santé équipés et bassins d’emplois. Les communes rurales ont des budgets faibles et peu d’expertise technique pour monter des projets structurants. Résultat : les opportunités économiques, l’accès aux marchés et les services publics ne sont pas répartis équitablement, ce qui pousse encore plus à l’exode vers Douala et aggrave la pression sur la ville.
La société civile en appui aux Collectivités territoriales décentralisées
Partant du constat que les Collectivités Territoriales Décentralisées ne peuvent, à elles seules, apporter des réponses à l’ensemble de ces enjeux, les organisations de la société civile ont choisi de s’engager aux côtés des pouvoirs publics avec pour ambition de mener des actions coordonnées afin que les populations du Littoral bénéficient d’un mieux-être réel et durable.
C’est dans cette logique que s’est tenue la 7ᵉ édition du Forum de la Plateforme des Organisations de la Société Civile du Littoral (Plafoscil), clôturée à la salle des fêtes d’Akwa à Douala.
Organisée autour du thème « Quels partenariats Osc/Ctd pour réduire la pauvreté dans la région du Littoral ? », la rencontre visait principalement à convertir les échanges informels en alliances solides et pérennes.
Un atelier pour bâtir une réponse commune
Durant une journée entière, les acteurs de la société civile et les délégués des collectivités territoriales décentralisées ont réfléchi aux dispositifs à instaurer pour extraire durablement les habitants du Littoral de la précarité. Les travaux ont abouti à une série de recommandations appelées à guider désormais le cadre de collaboration bipartite.
Les résolutions clés du Forum
Les participants ont préconisé l’instauration d’un cadre de concertation multi-acteurs dont la feuille de route, co-construite, devra identifier clairement les problèmes à traiter en priorité, la mise en place d’un espace formel associant Osc , Ctd communautés et secteur privé, l’adoption et l’exécution d’une feuille de route trimestrielle déployée à tour de rôle dans les quatre départements de la région du Littoral, ainsi que le recensement des besoins communautaires selon les urgences locales.
Placée sous le haut patronage du gouverneur de la région du Littoral, cette 7ᵉ édition du Forum s’inscrit pleinement dans les défis de la décentralisation au Cameroun. L’événement a bénéficié du soutien de la Giz, partenaire au développement.
Au-delà des déclarations d’intention, la Plafoscil entend faire de ce nouveau cadre de travail un instrument opérationnel, avec des résultats tangibles pour les populations de la région du littoral.
